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Constantin
P. Cavafy, connu également comme Konstantinos Petrou Kavafis,
est né dans le quartier grec d'Alexandrie en Égypte.
Il est le septième des neufs enfants de
Petros Kavafis, négociant en import-export de textiles, et de
Hariklia Photiadis, fille de diamantaire, tout deux originaires de
Constantinople. Son père décède en 1870 et la
famille s'installe alors en Grande-Bretagne, à Liverpool. Ces
années passées en Grande-Bretagne le marquent
profondément, ses écrits dénotant une grande
familiarité avec la tradition poétique anglaise.
À la suite de spéculations
hasardeuses, la famille se retrouve ruinée et retourne vers 1879
à Alexandrie, puis, quelques années plus tard à
Constantinople. Constantin Cavafy y vit trois ans, dans une certaine
précarité; c'est durant cette période que
vraisemblablement il a ses premières relations homosexuelles et
qu'il rédige ses premiers vers, en anglais, en français
et en grec.
Il envisage un temps d'embrasser une carrière
politique mais, de retour à Alexandrie en 1885, il travaille
d'abord comme journaliste et comme assistant d'un de ses frères
à la Bourse d'Alexandrie. Puis, en 1892, à 29 ans, il
entre au Service de l'Irrigation du Ministère des Travaux
Publics, administration dans laquelle il accomplira toute sa
carrière, finissant directeur-adjoint, tout en poursuivant la
rédaction de poèmes et d'essais, jusqu'à sa mort.
Si Cavafy a eut une petite notoriété
au sein de la communauté grecque d'Alexandrie et quelques
amitiés dans les cercles littéraires, pendant longtemps
son œuvre resta inconnue au grand public. Il n'a publié aucun
recueil de son vivant, donnant des poèmes à des revues
littéraires ou les faisant circuler auprès de quelques
amis. En outre il remaniait sans cesse ses textes. Deux ans
après sa mort, paraîtront - à Alexandrie toujours -
154 poèmes posthumes.
Ses thèmes de prédilection, Constantin
Cavafy les puise au passé en évacuant le contenu des
mythes pour ne garder que les détails que l'histoire laisse de
côté : un certain quotidien qui fait l'Histoire et
ramène l'Histoire à notre quotidien. Il se disait
lui-même " poète - historien ". Ce poète de la
réflexion est aussi un poète du désir, des
impressions fugitives d'une rencontre, de l'intimité des regards
et du corps de l'homme : statues grecs ou jeunes éphèbes
de la rue...
Les poèmes qui suivent sont extraits de Présentation critique de Constantin
Cavafy suivie d'une traduction des Poèmes par M.
Yourcenar et Constantin Dimaras (Ed. Gallimard, 1958 - réed.
1978 et 1994).

Wilhem Von
Gloeden (1856-1931)
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