Poète,
romancier, essayiste et nouvelliste américain, il a aussi
travaillé comme critique littéraire et éditeur
bien qu'il soit plus connu en tant qu'auteur. Il se distingue
particulièrement dans l'art du conte, a donné à la
nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme
l’inventeur du roman policier (cf. Double
assassinat dans la rue Morgue). Nombre de ses récits
préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique.
Il a d’abord été reconnu et défendu par des
auteurs français, Baudelaire
et Mallarmé en tête,
qui l’ont traduit.
Sa mère,
Elizabeth Arnold est actrice, danseuse et chanteuse. À 18 ans,
déjà veuve d'un premier mariage avec un acteur, elle
épouse un comédien tuberculeux et alcoolique de 21 ans :
David Poe qui meurt un an après la naissance du jeune Edgar.
Elizabeth Poe est elle-même emportée par une pneumonie
à l'âge de 24 ans, laissant orphelins Edgar (2 ans) et sa
sœur, Rosalie (1 an).
Les deux enfants
sont recueillis par de riches bourgeois. La famille adoptive d'Edgar
quitte l’Amérique pour l'Angleterre en 1815. Edgar y suit des
études classiques et littéraires avec l'aristocratie de
l'époque, il obtient d'excellents résultats mais commence
à manifester un certain penchant pour la solitude, la
rêverie et fait preuve d'un caractère irritable et parfois
tyrannique. Il commence à écrire des poèmes
dès la pré-adolescence et dès lors ne rêve
que de poésie, au grand dam de son père adoptif qui lui
voue une carrière dans le commerce.
Edgar Poe quitte sa famille adoptive en 1827 pour
aller à Boston, où il espère survivre en publiant
ses poèmes. Il fait paraître à ses frais, chez
Calvin F.S. Thomas et sous le pseudo d'Edgar A. Perry, une mince
plaquette anonyme Tamerlan et autres
poèmes. En 1830 il commence sa carrière de
journaliste, publiant quelques contes et nouvelles. Son talent de
polémiste éclate et il devient en 1835 le directeur de la
section littéraire du Southern
Literary Messenger. C'est également l'année
où il épouse clandestinement une jeune fille de 14 ans,
Virginia, mariage légitimé 1 an plus tard.
S'estimant,
à juste titre, mal payé et ne supportant plus les
reproches sur son alcoolisme, il quitte le journal en 1837 et se fixe
à Philadelphie après un bref passage par New york
où il achève Les
Aventures d'Arthur Gordon Pym qui, malgré le
succès des divers contes qu'il publie dans des revues, n’est que
très peu lu. En 1845, il publie Le Corbeau, qui lui a un
succès extraordinaire. Paru dans l'Evening Mirror, le poème est
repris dans de nombreux journaux. Sa renommée grandit. Une
sélection de ses contes paraît chez les prestigieux
éditeurs Wiley et Putnam à New York, puis un recueil de
poèmes.
En 1847 sa jeune épouse Virginia
décède d’une longue maladie. Il s'engage alors dans une
quête frénétique d'amitiés féminines
avec Mrs Lewis, dont il corrige les poèmes sentimentaux contre
rétribution, avec Mrs Nancy Locke-Richmond dont il
s'éprend et qui sera l'Annie des derniers poèmes, enfin,
avec Mrs Sarah Whitman, poétesse spiritualiste à qui il
adresse le second poème À Hélène et qu'il
demande en mariage. Mais Mrs Whitman n'accepte de l'épouser que
s'il renonce à l'alcool, le mariage n'aura pas lieu... Malade et
alcoolique, il meurt quelques années après.
"Parmi les
écrivains trop rares qui ont travaillé à la limite
de la rêverie et de la pensée objective, dans la
région confuse où le
rêve se nourrit de formes et de couleurs réelles,
où réciproquement la
réalité esthétique reçoit son
atmosphère onirique, Edgar Allan Poe est
l’un des plus profonds et des plus habiles. Par la profondeur du
rêve
et par l’habileté du récit, il a su concilier dans ses
œuvres deux
qualités contraires: l’art de l’étrange et l’art de la
déduction. ", in
préface de Gaston Bachelard (le philosophe de la rêverie
et de la
poésie) aux Aventures
d'Arthur Gordon Pym, (réedition de 1944)
"Aucun homme n’a raconté avec plus de magie les exceptions de la
vie humaine et de la nature: les fins de saisons chargées de
splendeurs énervantes, l’hallucination convaincue et
raisonnée comme un livre. L’absurde s’installe dans
l’intelligence et la gouverne avec une épouvantable
logique." Baudelaire