C'est au Nouvel Empire,
vers 1290 - 1070, que l'on voit fleurir un nombre important de petits
textes, qui ressemblent fort à des poèmes et que l'on
appelle : "les chants d'amour" égyptiens.
Tous ces textes,
très souvent inscrits sur des ostraca (tessons de poterie
réutilisés comme support d'écriture) et
accompagnés de petits dessins satiriques ou érotiques,
proviennent essentiellement de la région de Thèbes et
plus précisément du village des ouvriers royaux de Deir al médina.
Sept jours, que je n'ai vu
la soeur
* ;
La maladie s'est insinuée en moi.
Mon corps est devenu lourd,
Et j'ai perdu toute conscience
Quand viennent à moi les chefs-médecins,
Je ne puis être calmé de leurs remèdes ;
Les ritualistes, l'issue n'est pas de leurs côtés :
On ne peut discerner ma maladie.
Mais qu'on me dise : le voici ! voilà qui me ferait revivre ;
Qu'on prononce son nom, voilà qui me relèverait.
L'allée et venue de ses messagers,
Voilà qui ferait revivre mon coeur.
La soeur m'est plus bénéfique qu'aucun remède,
Elle m'est plus efficace que la somme médicale
Mon salut : qu'elle entre de l'extérieur ;
Que je l'aperçoive, et je retrouverais la santé.
Qu'elle ouvre les yeux et mon corps rajeunirait,
Qu'elle parle, et je retrouverai la force.
Si je l'enlaçais, elle détournerait le mal de moi,
Mais voici sept jours qu'elle m'a quitté !
* en égypte
ancienne le terme de soeur désigne l'épouse