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à la liste "Femmes"
Né
en 1948, après des études de lettres à
Genève qu’elle termine en 1971, Eliane Vernay se lance
dans le journalisme et entreprend des études de musique au
Conservatoire de Genève. Elle produit et anime plusieurs
émissions littéraires et musicales à la Radio
Suisse Romande. Curieuse de l'autre, généreuse, elle
offre à ses invités une écoute rare et un large
espace de parole.
En 1977, Eliane Vernay fonde les éditions qui porteront son nom.
Elle-même poète, amoureuse des mots et de la langue, elle
mettra sa passion au service de la poésie et ceux qui
l'écrivent. En une vingtaine d'années, elle publiera de
nombreux poètes : auteurs confirmés ou voix nouvelles,
dans plus de cent cinquante recueils, ainsi que sa propre trilogie
poétique Du plus loin l’incessant (1984), son recueil Le désir hors la loi (1985) et son roman Bleu minéral mortel (1992).
L’érotisme est une dimension importante de son
œuvre, on retrouve d’ailleurs Eliane Vernay dans diverses
anthologies comme La poésie érotique du vingtième siècle (Ed. La Pibole, 1980) et l’ Anthologie du coït (Ed. la Musardine, 1997). De ce point de vue, son premier recueil de poèmes Aube noire (Ed. Chambelland, 1976) est véritable itinéraire de passion et de nuits de caresses.
On prendra plaisir aussi à lire ses Mots laineux (Ed. Nomades, Genève, 1980) et ses Feux sombres (Ed. Chambelland, 1983).
Sa poésie oscille entre la musicalité et le visuel qui
s’interpénètrent dans une étrange
transparence. Il lui arrive, dit-elle, d'écrire comme un
violoniste qui préfère son violon à la musique :
"je me délecte de mots et d'images et dois souvent me faire
violence pour renoncer à l'un ou l'autre." Et c'est dans le
silence qui éclaire ses pages qu'Eliane Vernay, musicienne,
prend dès lors racine.
Après avoir habité Madrid pendant plusieurs années, elle revient en suisse. En 2008, elle y publie A peine un souffle sur l'écorce
(Ed. Samizdat, 2008) et se consacre depuis à enseigner le
français aux étrangers, prolongeant ainsi en elle ce
sentiment qui lui est cher de l'exil et de l'ailleurs.
Dire toutes ces nuits de désordre
la tendresse gaspillée
et le silence
très lent
du réveil
quand s'arrête la caresse
amoureuse aux armes lasses elle s'étend
et s'endort
avec aux lèvres un peu d'écume
rougie du naufrage
longues heures d'absence
où flottent les corps
sans désir
L'aube s'enlise dans une odeur d'algues et de brume
© Eliane Vernay
in Aube noire (Ed. Chambelland, 1976)
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