Il y a prés du miroir le visage d'une femme
Qui raconte l'histoire d'un homme et de Laura.
Ils s'étaient rencontrés quelquefois sans raison
Dans le regard fluo d'une année néon
Poursuivant dans les bars de la nuit
Les cinq à sept et thés citron.
Puis ils s'étaient mariés
Un jour de juillet
Les mains légères de leurs promesses
Ils avaient vécu des jours de caresses
Puis ils avaient oublié
Ce qu'ils s'étaient jurés
De ne connaître jamais
L'ennui comme une toile d'araignée.
Il y a prés du miroir le visage d'une femme
Qui raconte une histoire de famille
Puisqu'on dit en la voyant
Telle mére, telle fille.
Et
Laura pense qu'on s'habitue à tout. Jean ne la regarde plus.
Elle, croit en d'autres rêves. Mais le soir elle est belle et
fardée. Jean et elle vont diner chez leurs amis qui s'aiment.
Laura ne regarde plus Jean mais Etienne. Et Jean regarde Isabelle. Ils
sont tous ensemble dans le di scours anodin du récit mais
bientôtils seront le prétexte d'un amour qui se
détruit.
Il y a prés du miroir le visage d'une femme qui masque ses
cernes pour ne pas voir le temps qui passe. Qu'est elle devenue ? Que
reste t'il de sa jeunesse ?
Elle rit. Elle, sait.Sa jeunesse s'écrit à l'ombre d'un
corps d'homme. Il n'a pas encore trente ans. Ils vivent ensemble depuis
qu'elle a divorcé de Jean.Elle regarde souvent dans le miroir
cet homme qui la regarde. Il s'approche d'elle, lui caresse les
cheveux, baise sa nuque.
Il ne sait pas qu'il la quittera un jour. Beaucoup plus tard. Dans
quelques années lumiére. Quand il aura
réalisé tous ses rêves. Elle lui aura appris
à contempler les choses et interdit les habitudes.
Beaucoup plus tard quand le vent aura soufflé ces
années fleurs, il y aura cet instant auquel elle songe.
Une femme seule devant son miroir. Et le souvenir d'un regard quand cet
homme lui offrait comme un cadeau ces quelques mots : "Ce soir
nous sortons, nous allons chez des gens."