Son
père, Guillaume Tabourot, est un célèbre avocat au
Parlement de Bourgogne qui fut procureur du roi. Les armes de la
famille de Tabourot étaient un tambour, appelé autrefois
tabour ou tabourain. Il y joignit Les mots, « à tous
accords », ce qui donna lieu au surnom de Seigneur des Accords, sous lequel ce poète est resté plus connu.
Zélé partisan de la Ligue, Tabourot remplit la charge de
promoteur aux affaires du conseil d'état tenu à Dijon.
Son oncle, Jehan Tabourot, chanoine érudit, n'est sans doute pas pour rien dans son éducation aux lettres.
Il fait ses études à Paris et participe à divers
concours de poésie de l’époque, notamment dans
l’imitation des grecs. En 1566, il publie son premier recueil
où son jeune talent s’exerçe principalement sur des
tours de force poétiques en faveur à son époque.
Cette production a pour titre Bigarrures
et est divisée en quatre livres, en vers et en prose. Elle
renferme une foule de pièces diverses et curieuses, de
facéties licencieuses, qui n'ont entre elles aucun rapport,
comme le titre l'annonce. Il composa ce recueil pour dit-il « se
chatouiller lui-même afin de se faire rire le premier, et puis
après les autres », faisant de lui une sorte de Rabelais de la Bourgogne.
On lui doit aussi les Touches
(1585) recueil d'épigrammes dont la plupart se terminent par un
trait de morale ou de critique, sous le titre de Contre-Touche ; la Défense et louange du Pou - la Synathrisie ou Recueil confus - quelques poésies latines - et une nouvelle édition (1588) du Dictionnaire des rimes de Jean Lefèvre, avec des augmentations.
Pour en savoir plus, lire Etienne Tabourot des accords - Etude sur sa vie et son oeuvre littéraire. par Georges Choptrayanov (Ed. Slatkin, 1970).
Mariage égal
Comme on traitait le mariage
D'une maligne et d'un malin,
Un des parens dit, c'est dommage !
Ils se battront soir et matin :
Non, dit un d'entr'eux le plus sage,
Il les faut mettre ensemble, afin
Que du moins ce couple mutin
Ne puisse troubler qu'un ménage
in Les Poètes françois, depuis le XIIe siècle jusqu'à Malherbe Par P-R Auguis (Impr. de Crapelet, 1824 - p. 379)