Les ongles
Nue et fruitée belle unité de pôle,
tout le désir des sources vierges,
qu'il bouillonnait dans la toison. O fumet
qui m'engourdis intensément le cerveau.
Alors s'ouvraient tes jambes en dévorant les ombres
jusqu'à l'anneau des ailes et des larmes.
Je t'aimais ô toi si claire et noire.
Dès que mon oeil s'enivra de ta chair d'hermine
sur la terre étalée au-dessus des morts,
la tourmente m'incisa dans mon centre.
Et les ongles percèrent ton corps
tout ce qui était si lisse et rond.
© Fernand
Ouellette
Reproduit in Études françaises (vol. 3, n° 3, 1967 - p. 341)