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Enfant
unique, François Marie Martinez Picabia est le fils d’un
aristocrate espagnol né à Cuba et d’une bourgeoise française. Si son enfance
est confortable d’un point de vue matériel, elle est
perturbée affectivement par le décès de sa
mère quand il a 7 ans et de sa grand-mère l’année
suivante. Il tente d’échapper à l’angoisse de la mort et
à l’ennui de cette “maison sans femme” par le dessin et la
peinture. A son grand-père, qui lui prédit que la
photographie finira par remplacer la peinture, Picabia
rétorquera : « Tu peux photographier un paysage, mais pas
les idées que j'ai dans la tête. ».
Après une scolarité tumultueuse, Picabia commence son
apprentissage en 1895 à l’Ecole des Arts décoratifs
où il rencontre Braque. Succès et notoriété
ne tardent pas, il signe un contrat avec la prestigieuse Galerie
Haussmann qui organise en 1905 sa première exposition, de
tendance impressionniste.
Alors que sa réputation est bien établie, il s’embarque
dans l’aventure de l’art moderne et l’abstrait en 1909. La même
année il épouse Gabrielle Buffet, une jeune musicienne
d’avant-garde, qui sera, comme ses autres futures femmes, source de
stimulation et d’inspiration créatrice. Bien qu’alors
rejeté par l’ensemble des galeries réputées, leur
clientèle et la critique, il poursuit son exploration, à
la recherche de son propre langage pour transcrire son état
intérieur. Il rencontre Marcel Duchamp, Apollinaire...
et expose avec succès à New York (1912).
En 1917, il publie son premier recueil de poèmes sous le titre Cinquante-deux miroirs et se lance
dans l’édition de la revue 391 à l’esprit
provocateur. L’année suivante, suite à des
problèmes de santé, il part en Suisse pour une
période de convalescence pendant laquelle ses médecins
lui interdisent de peindre. Il écrit alors fiévreusement
plusieurs recueils dont Poèmes
et dessins de la fille née sans mère.
En 1919, après dix ans de vie commune et quatre enfants, Picabia se
sépare de sa première femme et s’embarque pour une
nouvelle aventure avec Germaine Everling, rencontrée en 1917. Inspiré par
les Dadaïstes, il devient anti-tout, publie de nombreux écrits d’avant-garde et
polémistes, notamment Unique
eunuque et Jésus
Christ Rastaquouère. Le mouvement Dada commençant
cependant à se déliter en tensions internes, Picabia s’en
sépare en 1921 arguant que ce qui a commencé comme un
élan de protestation contre tout système devient
lui-même un système : « Il faut être nomade,
traverser les idées comme on traverse les pays et les
villes. » Il se lance alors dans d’autres aventures, crée
notamment un ballet “instantanéiste” sur une musique
d’Erik Satie où il insère un court-métrage qui
sera réalisé par René Clair, parfait
mélange entre Dadaïsme et Surréalisme.
En 1925, il fait ses adieux à Paris pour s’installer sur la
Côte d’Azur. C’est alors qu’entre en scène Olga Mohler,
une jeune suissesse de vingt ans engagée comme gouvernante pour
son fils. Celle-ci devient rapidement son amante, d’abord pour un
ménage à trois très agité, puis sa compagne
exclusive en 1933 et ce jusqu’à la fin de sa vie. Sa peinture
évolue encore, novatrice, vers les « transparences
». Il organise aussi des Galas au Casino de Cannes : “La nuit
tatouée”, “Le bal des Cannibales”… achète voitures et
bateaux de luxe en quantité extravagante…
Après cette période mondaine et mouvementée,
Picabia mène une vie plus solitaire et travaille
intensément, produisant une grande diversité de toiles.
Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, son train de vie se
réduit
considérablement : pour la première fois il vit
principalement des revenus que lui assurent la vente de ses tableaux.
Pendant cette période il trouve l’inspiration dans les
photographies noir et blanc de revues érotiques des
années trente et peint beaucoup de nus.
En 1945, Picabia est de retour à Paris. Toujours plein de
ressources, il expose régulièrement dans les galeries
parisiennes et dans les salons importants de la jeune avant-garde, se
remet à écrire et, fidèle à son mode de vie
d’avant-guerre, fréquente à nouveau assidûment les
cabarets et boîtes de nuits.
Le printemps 1949 voit le sommet de sa longue carrière : une
rétrospective monumentale, “50 ans de plaisir”, est
organisée par la Galerie René Drouin, les années
suivantes il peint ses dernières œuvres, une paralysie le
privant définitivement de la peinture et l’entraînant vers
la mort.
En savoir
plus
(site officiel avec bio, oeuvres picturales,
articles...)
*
"La pudeur se cache
derrière notre sexe."
(in Jésus-Christ
Rastaquouere)
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Ode à Picabia
Emission La-bàs si j'y suis de Daniel Mermet
(fichier mp3 de 735 ko)
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