POESIE EROTIQUE
et autres amusements
François Habert  (1520 -  ~ 1575)
Accueil
Retour à la liste "16è siècle"


François Habert fit tout d’abord des études à Paris où il marqua un goût prononcé pour les lettres. Son père l’envoya ensuite à Toulouse pour étudier la jurisprudence. Il dut interrompre cette voie à la mort de son père,  qui sans fortune le laissa donc sans le sous. De retour à Issoudun, sa ville natale, presque sans ressources, ayant quatre sœurs à soutenir, il prit l'emploi de secrétaire auprès de plusieurs prélats puis du duc de Nevers qui le produisit à la Cour. Il y fut favorablement accueilli de François Ier et plus tard par Henri II qui l'honora du titre de son poète. Il y fréquenta semble-t-il Mellin De Saint-Gelais.

C’est en 1541 que François Habert publia ses premières pièces poétiques sous le titre du Banni de lyesse en référence à sa pauvreté. Ce recueil se compose de plusieurs épîtres, rondeaux, ballades, épitaphes… ainsi que du Livre des Visions fantastiques, imitation du sixième chant de l'Enéide de Virgile, et de diverses traductions. Ses autres productions sont très nombreuses, on peut citer : Le Songe de Pantagruel (1542), La Nouvelle Vénus, Le Temple de la Chasteté (1549), où il s’emploi notamment à des imitations de MartialMisère de l'homme naissant en ce monde (1551), une traduction des Métamorphoses et des Élegies amoureuses d’Ovide.

A noter qu’il a également écrit un recueil de fables, dont quelques-unes ont été reprises par La Fontaine, et que le poète Isaac Habert est son neveu.







Rondeau d'une jeune épousée le jour de ses noces



Au jeu d'amour chose y a mal aisée
Disait un jour une jeune épousée :
Car quand advint la nuit pour satisfaire
Au premier point de l'amoureuse affaire,
Un peu avant que d'être déhoussée*,
Faisait semblant n'y être disposée.
Combien, qu'assez l'eut sa mère avisée
Vers son mari la farouche ne faire
Au jeu d'amours.


Le mari voit que sa tendre rosée
Au point secret ne fut donc exposée
Dont le dormant se met à contrefaire
Elle s'approche donc pour lui complaire
Sans la blesser il la rendit rusée
Au jeu d'amours.


- 1541 -


* déshabillée



in Le trésor des joyeuses inventions du paragon de poésies (Jean Bonfons, vers 1570)



Contact
Mes poèmes coquins
Auteurs contemporains
Auteurs anciens
Amateurs éclairés
Anonymes
Chansons érotiques
Citations & Bibliographie
Tantra
Liens

Copyright © Cyr