POESIE EROTIQUE
et autres amusements
François Laur

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On peut trouver des extraits de ses divers recueils et sa biographie ici.... Voici deux de ses textes érotiques.

(zeugme)

« On n’y voit rien » – et cependant le convoitable a figuré, forme qui attrait s’illumine. Convoitise : ses entre-dits et forme belle se dévoilent. Laissant croître ta nudité, tu les unis.

Ton parfum de vent vert à l’arrondi de tes oreilles, dedans des mains massant tes fesses pâte à pain drue, bonnet de palmes sur tes seins ou l’index chèrement lentement au site de tes cuisses incisant l’ombre : lèvres garance de napée. Sans figure se déclôt le sexe. Vite il existe tel ce qu’on voit. Le doigt glisse vers le col, je te rapporte à toi, l’œillet les joues s’associent : ta langue couple, filant salive, fil d’Ariane ou de la Vierge. Pupille et pubis s’aimantent, nombril à nombril s’abouche. La convoitise se sustente de ce qu’elle ne consume pas.

Comme corps assoiffés au mitan impétueux de la rivière où ils s’abreuvent, nous restons inassouvis à nous dévorer des yeux. Incapables de rien détacher des doigts aux douces rations de corps vaguant nous saisissant à corps pléniers sans comprendre où. Pour finir nous affrontant sondant toute parcelle devinée ; sitôt délices pressentis, tes plis baignent. Nous nous humons avides nous clouons nous plaquons mêlée d’humeurs langues s’écrasent lèvres s’entremordent bouches, en vain : l’un contre l’autre arc-boutés, l’un contre l’autre cherchant l’entrée de l’autre, chacun briguant d’en l’autre s’engloutir. Forcenés d’en découdre, jusqu’à vies brasées en fusion frein rongé chanceux savoir de la submersion. Tu m’effondres, fluide toute.

© François Laur


L’ombre des tamaris

– tu ris ? –
ce serait nom pour ton domaine.

Tu verrais de ce mas
trois mâts
                                                         te saluer, telle une reine,

                                                         Superbe potentat,
                                                                    prête à
                                                          les libérer de toute chaîne.

 Ils affronteraient des
           ondées,
les mers nouvelles et anciennes,

Pour venir offrir l’ambre
            qui vibre
quand ton regard te fait sereine.

Sur tes lombes, un long
            feston
d’ombre vert rose en soies indiennes.

© François Laur
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