(zeugme)
« On n’y voit
rien » – et cependant le convoitable a figuré, forme qui
attrait s’illumine. Convoitise : ses entre-dits et forme belle se
dévoilent. Laissant croître ta nudité, tu les unis.
Ton parfum de vent
vert à l’arrondi de tes oreilles, dedans des mains massant tes
fesses pâte à pain drue, bonnet de palmes sur tes seins ou
l’index chèrement lentement au site de tes cuisses incisant
l’ombre : lèvres garance de napée. Sans figure se
déclôt le sexe. Vite il existe tel ce qu’on voit. Le doigt
glisse vers le col, je te rapporte à toi, l’œillet les joues
s’associent : ta langue couple, filant salive, fil d’Ariane ou de la
Vierge. Pupille et pubis s’aimantent, nombril à nombril
s’abouche. La convoitise se sustente de ce qu’elle ne consume pas.
Comme corps
assoiffés au mitan impétueux de la rivière
où ils s’abreuvent, nous restons inassouvis à nous
dévorer des yeux. Incapables de rien détacher des doigts
aux douces rations de corps vaguant nous saisissant à corps
pléniers sans comprendre où. Pour finir nous affrontant
sondant toute parcelle devinée ; sitôt délices
pressentis, tes plis baignent. Nous nous humons avides nous clouons
nous plaquons mêlée d’humeurs langues s’écrasent
lèvres s’entremordent bouches, en vain : l’un contre l’autre
arc-boutés, l’un contre l’autre cherchant l’entrée de
l’autre, chacun briguant d’en l’autre s’engloutir. Forcenés d’en
découdre, jusqu’à vies brasées en fusion frein
rongé chanceux savoir de la submersion. Tu m’effondres, fluide
toute.
©
François Laur