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François
De Louvencourt, seigneur de Vauchelles et de Chaussoy, naquit à
Amiens l’année de la mort de son père. Sa mère se
remaria l'année suivante. Le précepteur du jeune
François, qui le guida sur les chemins de
la poésie, fut Jean des Caurres, ami de Ronsard, Belleau
et Jodelle du groupe de La Pléiade.
Adolescent, il compose 2 ou 3 sonnet chaque nuit et imprime un premier
recueil d'odes en 1586 : Januaria.
Il mène alors une vie joyeuse et oisive, passant son temps entre
le jeu de paume et les cabarets avec la jeunesse dorée d'Amiens.
Il fait ses études de droit à Bourges où il y
rencontre Pierre Motin, le poète
satyrique. Licencié en 22 mois, il devient avocat au barreau de
Paris, puis voyage en Allemagne et en Italie.
En 1594, il est de retour à Amiens. Son recueil Les amours et premières oeuvres
poétiques parait dès 1595 chez le libraire
parisien Georges Drobet, il est dédicacé à la
"très illustre, belle et vertueuse" princesse de Longueville,
Catherine d'Orléans et est écrit, nous dit l'auteur, dans
l'espoir de "faire voir à la Seine et à la Loire qu'on
fait aussi l'amour sur la Somme en Picardie". L'ouvrage
est divisé en 4 livres : les 2 premiers sont consacré
à Aurore son amour de
jeunesse, amour impossible car la belle n'était point libre, le
3ème, Amours de Mellide,
raconte la tragique histoire d'une femme qui mourrut d'amour, et le
dernier livre, Mélanges,
rassemble des vers assez variés.
En 1598 il publie chez Jean Gesselin Les
amants de Sienes - Où les Femmes font mieux l'amour que les
Veuves et les Filles. Le but de cet ouvrage est de prouver
qu'il vaut mieux avoir pour maîtresse une femme mariée
qu'une jeune fille ou une veuve car les difficultés que
rencontre l'amant à fréquenter une telle femme donnent
à ses faveurs une valeur toute particulière : "les fleurs
qui croissent dans les prés ne sont point si curieusement
cueillies que celle d'un jardin." C'est au final un véritable
guide du petit libertin qui donne mille et un conseils pour
séduire et s'accoquiner d'une femme mariée.
Après une vie brillante et parsemée de multiples
aventures féminines, il se marie en 1605 à Marie de
Maupin, elle meurt hélas en 1615, puis se remarie à Marie
Josée qui meurt, elle aussi !, en 1620. Un troisième
mariage en 1622 avec Charlotte Clapisson lui donne enfin un bonheur
durable et trois enfants.
Contre l'usage de son temps, la poesie de François
De Louvencourt est intimiste, pleine de naturel et de
spontanéité : "je suis d'un naturel fort impatient aux
vers".
On lui doit également une traduction de The famous Voyage of Francis Drake into
the south sea paru en 1600 à Londres et une
comédie en vers : Retrouvés.
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