Sitôt
que le sommeil, au matin, m'a
quitté,
Le premier souvenir est du con de
Nérée,
De qui la motte ferme et la barbe dorée
Egale ma fortune à
l'immortalité.
Mon vit, dont le plaisir est la
félicité,
S'allonge incontinent à si douce
curée,
Et d'une échine roide, au combat
préparée,
Montre que sa colère est à
l'extrémité.
La douleur que j'en ai montre sa patience,
Car de me le mener, c'est cas de conscience ;
Ne me le mener point, ce sont mille
trépas.
Je le pense flatter afin qu'il me contienne,
Mais en l'entretenant je ne m'aperçois
pas
Qu'il me crache en la main sa fureur et la
mienne.
in Les
délices satyriques ou Suite du cabinet des vers Satyriques
de ce Temps. Poésies badines des meilleurs
poètes des seizième et dix-septième
siècle (Éd. H. d'Arthez - 1916). L'ouvrage
reproduit l'édition originale de 1620, dont on ne connaît
plus que trois exemplaires.