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Aussi, avec elle, connaît-il sans mauvaise
conscience le singulier bonheur de la passivité, de la
démission, que savent goûter les femmes dans l'amour.
Il suffit, comme elle tout à l’heure, de s'étendre
jusqu'aux ongles, de fermer les yeux, de s'interdire toute
pensée afin de mieux suivre, par l'entremise de ses mains, le
chant de l'amoureuse captivée, le monologue de la
pâtissière qui a fort à faire. Et que la mer, loin
de les éteindre, amplifie l'un et l'autre !... « Fermer
les yeux, oui, et résister à l'envie
d’élever mes paumes pour que les seins, au-dessus de moi,
y déposent leur orgueil. »
Fermer les yeux, mais pas avant qu’il n’ait vu le grain
sombre de l’azur se condenser dans le visage qui se penche sur le
sien et dont les traits se désassemblent d’être trop
proches… Ah, c’est le ciel même, humecté,
froncé – et noir comme la mûre – qui vient de
s’apposer sur sa bouche, ô griserie d’être
à la fois le fruit et les dents qui l’ouvrent, les
lèvres qui le goûtent… Comme latent jusqu’ici
– à cause des ombres résiduelles d’un vent
d’aube ? – un verger de tièdes reine-claudes se
révèle, où s’enfoncer en aveugle. Même
quand ils seront à demi conscients que de grands lambeaux de
ciel, de plage et de mer basculent autour d’eux, ils
n’auront désormais de regards que pour le monde liquoreux
de plus en plus dense où ils se trouvent aspirés.
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