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à la liste "15è siècle"
Né
François de Montcorbier et orphelin
de père, il est confié à Guillaume de Villon,
chanoine et chapelain, qui entretient semble-t-il des rapports
pédophiles avec lui. Adolescent, il
fait des études à la
faculté des Arts de Paris et y obtient,
en 1452, la maîtrise
ès arts. A cette époque l'université de Paris est
agitée par une révolte étudiante,
puis par une longue
grève des professeurs. Villon
néglige alors l'étude pour aller courir l'aventure.
Il est initié à la prostitution masculine et à son
argot
par les Coquillards (mafia
de brigands qui sévissait dans le nord de la France) et plus
particulièrement par ses deux amis-amants : Colin de Cayeux et
Régnier de Montigny. Il se
retrouve également impliqué dans diverses rixes (il tue
un prêtre) et vols avec effraction.
Vers 1456-57, Villon doit fuir Paris et compose le Lais comme cadeau d'adieu
destiné à ses amis et compagnons de débauche. Le Lais, parodie d'un acte juridique,
fourmille d'allusions et de sous-entendus. Cette oeuvre montre un
Villon joyeux et potache, mais aussi toujours cruel. Ses cibles
favorites sont la police, la religion, les bourgeois..., en somme
les cibles éternelles de la contestation étudiante et
prolétaire. Il parcoure la province en compagnie d'une troupe de
théâtre où il apprend l'argot "Jobelin", argot
homosexuel picard, d'abord utilisé dans
le théâtre populaire (Sotties) et conçu dans un jeu
de langage, obscène et rebelle, à double sens homosexuel,
puis reprit et perfectionné par des poètes, dont un
quasi-contemporain de Villon : Guillaume
Coquillart.
On le retrouve à Blois, vers 1458, à la cour de Charles d'Orléans,
prince-poète et père du futur Louis XII. Dans le
manuscrit où Charles d'Orléans compile ses propres
poésies et celles de ses courtisans, se trouvent en effet trois
poèmes signés de Villon. On le retrouve ensuite
emprisonné, pour des raisons encore obscures, durant
l'été 1461 où il continue à écrire.
Il sera libéré quelques mois plus tard à
l'occasion d'une visite de Louis XI en compagnie de Charles
d'Orléans, tandis qu'il a, entre-temps, été
déchu de son statut de clerc. Il décide alors de
rejoindre Paris, estimant que son exil a assez duré.
C'est apparemment en replongeant dans les bas-fonds parisiens que, fin
1461, il commence son œuvre maîtresse, Le Testament. Cette oeuvre reprend
l'idée de parodie d'un acte juridique, sur laquelle viennent se
greffer toutes sortes de digressions philosophiques, dans une plume
toujours vive et acerbe, mêlant humour noir et paillardises.
Puis, au cours de l'année 1462, il fini de composer ses Ballades en jargon, commencées
à l'époque de sa rencontre avec les Coquillards et la prostitution. Le
sens
de ces ballades est l'objet de nombreuses conjectures.
L'interprétation la plus récente est celle de Thierry Martin, qui fait du jargon de Villon
un mélange de "brief langaige" (bref langage - dont usaient
à l'époque les prostitués pour tromper la police)
et de "jobelin" (argot homosexuel du théâtre
populaire picard).
Villon est alors de nouveau arrêté,
incarcéré au Châtelet, il est torturé puis
condamné à la potence. Il fait appel et, en janvier 1463,
sa peine est commuée en dix ans de bannissement de la ville de
Paris. On perd sa trace après ce dernier épisode.
Son oeuvre est imprimée pour la première fois en 1489, la
dernière
édition quasi contemporaine étant celle de Clément Marot en 1533. Puis, c'est
au XVIIIe siècle seulement que l'on recommence à
s'intéresser à lui et où il acquiert
son statut de premier "poète maudit".
En savoir plus :
Société
François Villon
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Ballades en argot homosexuel
texte original d'après
l'édition Pierre Levet 1489
traduction en argot moderne de Thierry
Martin Ed. Mille
et une nuits 1997
Ballade II
(Ballade des
enculeurs en danger)
Ballade III
(Ballade des
lécheurs)
*

Dessin de Cocteau
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