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poèmes
T’es un nuage qui passe et qui ne fait l’amour
Que si les fleurs sont jolies à en faire des tissus.
Quand t’as la jupe en ras de marée sur un jardin brodé
d’un rien,
Sur ce triangle blond de terrain vague qui fructifie de désir
isocèle,
C’est Debussy dessiné sur le givre du sable,
Un violon dans ton ventre qui gémit en averses.
Une feuille de mer qui se prend au jeu de ta culotte sans
muselière,
C’est une hirondelle qui te fait le jour au creux des reins.
T’es un pollen qui s’encanaille dans le satin ou dans la paille
Et qui n’en finit pas de se coucher sur un tapis frais de pâte
fine.
Le cœur à ton cou t’es une rose éclatée sous des
baisers pointus
Avec comme un zeste de citron dans la voix et dans le geste.
Dans un chemisier qu’un sein soulève
La suée de vin âpre dans tes coins aux éclats
S’écoule à tes aisselles où s’accroche ce temps
urgent qui te déhanche
D’une mygale agaçante qui s’accorde un crépuscule
d’amnésie.
T’es rien d’autre qu’une pivoine salée / sucrée qui
s’étale au soleil
Quand le jour te réveille accrochée à mon envie de
toi.
Une main d’orchestre qui pleure d’être vivante entre mes cuisses,
C’est le mal qui fait le bien pour un brin de soleil.
Tu penses que le bonheur c’est lui qui fait tourner la Vie
Quand ton amant fait le printemps sur le gel de janvier.
Tu crois à la romance dans un brin de lilas
Dans tes yeux qui n’y voient que du bleu.
T’es qu’une plume suspendue au frisson de mes poumons
Qui cherche à réchauffer l’eau courante de sa bouche.
Tu viens prendre, innocente, du bout des doigts le pouls de l’ombre
Sur mon buisson ardent qui te lacère la nuit ardente.
Jeux de soupirs et de caprices où tu dispenses de l’agonie de
miel.
Entre tes lèvres de giroflée, encore une aube de neige
chaude.
Je cajole tes envolées de rêves pour qu’il fasse rose au
matin,
Et m’y repaître de la clarté de ta nudité
coulée d’or fin.
T’es une fleur de la bruine qui me tombe sur les yeux et me trempe
jusqu’à l’os
Quand tu signes en tendresse l’arc en ciel sur l’harmonie du soir.
C’est comme une soprano qui s’étire à monter les octaves
de la joie
Dans l’aigu en dentelle qui te couvre la bouche en bas du ventre.
Quand l’ange se blotti au fond de nos bouches en parures,
C’est un miracle que d’être ensemble à effleurer demain.
T’es la nuit qui sommeille à regarder briller le verbe aimer
Sous ma voix qui câline tes oiseaux vendus d’étoiles.
Toujours il nous en reste un brin de chance à cueillir
Et cet air heureux qu’ont les amoureux qui restèrent
fidèles.
On tourne une valse chimérique de toupie sans ficelle,
Amants fous l’un de l’autre qui savent leur aventure comme lueur
d’avenir.
Dans un lit de rivière ébouriffée où la Vie
se repose,
Le corps auréolé des rires de la douceur comme
récompense.
T’es mon Amour, t’es la plus belle, et même quand tu me dis que
ce n’est pas vrai,
Je vis dans l’instant le jour des merveilles à nous faire des
clairs de lune,
Je ne dessine plus, comme un delta, que la dentelle sur ta poitrine,
Et tu me fais le cœur content de ne jamais user l’archet qui le
tourmente.
Près de toi dans ton image penchée, je chante,
Par dessus les forêts, l’alouette à tes genoux.
Je n’en reviendrai pas.
Je t’aime tant tu sais, je t’aime tant.
Je
T’aime.
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