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Gabriel Vicaire - Les nymphes
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Les nymphes


Nymphes qui défendez les secrets de cet antre,
Emprès vous un beau fruit, en sa jeune rondeur,
Se gonfle et se durcît, chaud d'une rouge ardeur,
Quand le feu de Cypris en dévore le centre.

En cet humide val oncques nul soleil n'entre.
Un bois touffu l'enclost, à la grisante odeur.
Minette, fais-moi voir des nymphes la splendeur,
Que sur elles bandant mon nerf je me concentre !

Vous reçûtes, hymen, l'honneur de jolis noeuds
On vit en cet endroit de grands corps caverneux
Voici les sombres bords où croit la caroncule*.

Quoi nymphes, vous pleurez ? Azur pur de souci,
Vrai ciel ! Et d'un effort franchi le vestibule,
Pan, le grand Pan, s'élance en un éclaboussis.


* excroissance charnue de certains animaux (comme les chenilles)



in Les Déliquescences d'Adoré Floupette... (1885)



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