Vous autres qui n'avez pas
Au menton barbe assez forte,
Venez et n'épargnez pas
Le trop qu'à mon cul je porte ;
Bien qu'il sente l'ambre gris ,
Je vous en ferai bon prix.
L'un après l'autre venez
Y apporter vôtre nez.
S'il y a quelqu'un aussi
Qui ait besoin de lunettes,
Je lui en réserve ici
Une paire de bien faites.
Qu'il vienne les essayer,
Quitte pour n'en rien payer.
L'un après l'autre venez
Y apporter vôtre nez.
Si les dames de la cour
Veulent armer leur visage
Contre la chaleur du jour,
J'ai un masque à leur usage,
Doublé de poil de Ponant,
Fin et de bonne senteur.
Pour voir si je suis menteur
L'une après l'autre venez
Y apporter vôtre nez.
- 1632 -
in Chansons de Gaulier Garguille, suivies des pièces relatives
à ce farceur
(Ed. Jannet - 1858)