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Georges Fourest
a suivit des études de droit qui le destinaient au métier
d'avocat. Déjà son goût du burlesque se faisait
sentir, on pouvait lire sur ses cartes de visite : "Oisif, avocat loin
de la Cour d'Appel". Ceci n'était pas cependant sans rapport
avec la réalité puisqu'il avait de sa famille des rentes
lui permettant de mener une vie libre de lettré et de curieux.
Lors de ses études à Toulouse
il fait en 1887 la rencontre décisive d'un aîné, Laurent Tailhade qui devient son
mentor et qu'il suivra à Paris l'année suivante. Il
fréquente alors la bohème littéraire du Quartier
Latin et de Montmartre, dont le fameux cabaret Le
Chat Noir et publie dès
1889 dans plusieurs revues : Le
Décadent, L'Ermitage, La Plume, La Connaissance… Il se
marie en 1908 avec une pianiste dont il aura deux enfants et se rend
célèbre en 1909 avec la publication de son recueil La Négresse blonde (Ed.
Albert Messein) qui cultive la plaisanterie scatologique, l'allusion
gaillarde, la métaphore burlesque… et ne cesse de travestir
d'autres textes, parodiant les grandes pièces du
théâtre classique (Le
Cid, Phèdre…) ou pastichant Verlaine,
Laforgue ou encore Mallarmé dans
de Pseudo-sonnets.
Ses maîtres
sont Rabelais, Scarron, Saint-Amant,
d'Assoucy...
Fourest récidive dans cette même
atmosphère ludique et lubrique en 1920 avec Douze épigrammes plaisantes
imitées de P.-V. Martial chevalier romain par un humaniste
facétieux (Ed. La Connaissance), puis en 1923 avec les Contes pour les satyres (Ed. A.
Messein) et en 1935 avec le Géranium
ovipare (Ed. José Corti). Ces textes jouent avec
truculence de mots rares ou cocasses,
des dissonances de ton, de l'imprévu verbal et métrique,
pour selon l'auteur "incaguer la pudeur, convomir le bon goût.
D'ailleurs, et j'en préviens les mères de famille, ce que
j'écris n'est pas pour les petites filles".
" Ma flave
moricaude en exhibant sa fesse
époustoufla tel cuistre et tel justiciard
et mon géranium pondeur, je le confesse,
semble aux gens distingués terriblement criard.
"Je suis mal embouché, dit-on, scatologique,
"scurrile, extravagant, obscène ! ..." Et puis après ?
Pour blaguer le héros langoureux ou tragique
à moi le calembour énorme, et l'à peu-près
! "
(in Apologie pour Georges Fourest,
par lui-même)
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