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La Négresse Blonde
(...)
II
Cannibale, mais ingénue,
elle est assise, toute nue,
sur une peau de kangourou
dans l’île de Tamamourou !
Là, pétauristes, potorous,
ornithorynques et wombats,
phascolomes prompts au combat,
près d’elle prennent leurs ébats !
Selon la mode Papoua,
sa mère, enfant, la tatoua :
en jaune, en vert, en vermillon,
en zinzolin, par millions
oiseaux, crapauds, serpents, lézards,
fleurs polychromes et bizarres,
chauves-souris, monstres ailés,
laids, violets, bariolés,
sur son corps noir sont dessinés.
Sur ses fesses bariolées
on écrivit en violet
deux sonnets sibyllins rimés
par le poète Mallarmé
et sur son ventre peint en bleu
fantastique se mord la queue
un amphisbène.
L’arête d’un poisson lui traverse le nez,
de sa dextre aux doigts terminés
par des ongles teints au henné,
elle caresse un echidne,
et parfois elle fait sonner
en souriant d’un air amène
à son col souple un beau collier
de dents humaines,
La belle Négresse , la Négresse blonde !
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