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Pseudo-sonnet asiatique et littéraire
"L'extrême-Orient s'européanise de plus en plus :
l'Inde, le Japon, la Chine, la presqu'île Indochinoise
dévorent aujourd'hui nos romans et nos brochures. "
- Thélesphore Coulaud, juge de paix.
Emmi les hauts roseaux, les rotangs (1) et les joncs que
réfléchit l'étang mauve où nagent les cyprins,
la frêle Hadja-Sari, fille des mandarins
au teint jaune citrin navigue dans sa jonque ;
la salangane (2) vole, effroi des moucherolles*,
à son nid de fucus, potage expectatif ;
un friselis frivole affole les corolles
des lotus fiers d'avoir Loti pour génitif ;
on entend miauler un tigre dans les jungles.
Or, de ses doigts menus que terminent des ongles
pointus, Hadja-Sari, princesse de Bangkok,
avec un geste mièvre et des mines jolies,
feuillette, abandonnant la rame à ses coolies, (3)
un roman très cochon que signa Paul de Kock (4).
* On dirait qu'on joue à pigeon vole, trouvez pas ? (Note de l'auteur.)
(1) palmier d'Inde et de Malaisie à tige longue et fine, qui fournit le rotin
(2) oiseau proche de la famille du martinet
(3) travailleur indien ou chinois (péjoratif - colonial)
(4) auteur de romans et pièces populaires (1793-1871)
in La Négresse Blonde (1909)
préalablement publié dans la revue La Province Nouvelle (Auxerre, juillet 1897)
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