Lady K***
Trois libertins, dotés de verges scandaleuses,
Crachent leur foutre chaud dans tes fesses houleuses.
Ta bouche les ravive : elle aiguise leurs dards,
Et les fait se dresser comme des étendards.
Aussitôt, dessus lui,
(1) Sisyphe te
bascule ;
Il te perce la motte ; Anachasis t’encule ;
Enfin, non moins heureux où l’Amour l’a placé,
Te titillant les seins, Tiridate est sucé.
Je ne suis point jaloux : baise, fille adorée !
Que par trente pénis ta vulve perforée
Dispense à mon plaisir un étui large et fou ;
Que soit d’un nègre en feu chaque vit qui te fout ;
Que ton cul nonpareil, admirable Christine
(2),
Passe dans ses exploits le cul de Messaline !
Je te ferai déesse, et tiendrai hautement
Qu’au prix du noir trésor qui s’ouvre dans ton flanc,
Les plus purs diamants arrachés à la terre
Ne sont qu’azur stérile et splendeur mensongère.
(1) une première
version de 1977 (recueil Kidama
Vivila) proposait : "Alors sur un divan"
(2) il s'agit de Christine
Keller, modèle (photo ci-dessous) et danseuse anglaise à
la carrière
mouvementée.
in Poésies complètes
(Tome III, Ed. Mercure de France, 2000)