POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Goethe (1749 - 1832)
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Elevé librement dans un milieu protestant aisé, cultivé (son père et sa mère étaient juristes), il fait ses études de droit à Leipzig. Il y publie ses premiers recueils de poésie : Annette, Mélodies et Lieder (dédiés à Mlle Frédérique Oeser), Le Caprice de l'amant) où l'influence de Jean-Jacques Rousseau est sensible. Puis en 1770 il termine ses études à strasbourg où il aura une idylle avec Mlle Frédérique Brion.

En 1774, alors qu'il exerce la profession d'avocat à Francfort, Goethe publie le roman Les Souffrances du jeune Werther inspiré (cf. le personnage de Lotte) de sa passion malheureuse pour Charlotte Buff, fiancée à son ami Kestner. C'est également l'année où il rompt avec sa jeune fiancée Lili Schöneman, rencontrée quelques années auparavant, renonçant ainsi à l'avenir de bonheur conformiste qu'elle envisage, pour partir l'année suivante à Weimar en tant que conseiller secret du duc Charles-Auguste de Saxe. Il assume alors d'innombrables tâches administratives, politiques et financières à la cour de Weimar (qui lui vaudront d'être anobli et nommé ministre des Finances en 1782), se découvre un intérêt pour les sciences de la nature : botanique, anatomie, physique, géologie… et entame une liaison avec Charlotte von Stein, écrivaine de sept ans son aînée, qui durera dix ans (il lui écrira plus de 1 700 lettres...).

Après un voyage de deux ans en Italie, voyage capital qu'il qualifie lui-même de "nouvelle naissance" l'ayant mis au contact direct de l'art antique, il se met en ménage avec Christiane Vulpius qu'il épousera en 1806 et dont il aura un fils. Il abandonne alors toutes ses fonctions administratives pour se consacrer à ses études scientifiques, à la publication de ses œuvres et à la direction du Théâtre de Weimar.

En 1808 Goethe achève le Premier Faust et écrit alors Les Affinités électives (1808-1809), roman bâti sur la théorie chimique des affinités, et inspiré par le tendre sentiment que lui inspire Minna Herzlieb, fille adoptive de ses amis Frommann, libraires à Iéna.

En 1814, il se prend de passion pour Marianne von Willemer, pour laquelle il écrit les poèmes du Divan occidental-oriental (publiés en 1819). On trouve aussi quelques poèmes de Marianne elle-même dans ce recueil. À la mort de sa femme en 1816, Goethe s'attaque à une œuvre autobiographique, Poésie et vérité, tandis qu'est mise en chantier l'édition de ses œuvres, en 20 volumes ! En 1819, quelques scènes de Faust sont représentées à Berlin. Introduite en France par Mme de Staël, l'œuvre y trouve de fervents admirateurs. Gérard de Nerval en fera la traduction.

En 1822, il demande en mariage Ulrike von Levetzow (16 ans ), qui refuse. Ce dernier amour lui inspire L'Élégie de Marienbad, ainsi que le personnage de Marguerite dans le Nouveau Faust qu'il retravaille, prolongeant le vieux mythe germanique et le confrontant à la mythologie.

À plus de quatre-vingts ans, l'esprit toujours ouvert et créatif, Goethe, fêté et respecté, est une sorte d'institution. Il s'éteint en 1832 dans sa maison de Weimar.

Goethe s'imprègnait tout autant des classiques anciens et que des modernes, alliant la mythologie antique aux légendes populaires allemandes. On peut également noter que les multiples expériences de Goethe avec les femmes ont influencé les personnages féminins dépeints dans ses œuvres.

Parmis ses poésies les plus connues on peut citer L'Apprenti sorcier (repris par dysney dans Fantasia) et les satires sociales et anticléricales du Roman de Renard.

Mais il existe, dans l'oeuvre immense de Goethe, un recueil souvent négligé, à cause de sa tonalité érotique, les Épigrammes vénitiennes (1790), un recueil qui fait entendre chez Goethe un son nouveau et surprenant, amer, maussade, violent, mordant, voire sacrilège.


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