Si j'étais une femme mariée
et si j'avais ce dont j'ai besoin,
je voudrais être
fidèle et frivole,
et caresser
et embrasser
l'homme.
Ainsi me chantait
avec d'autres chansons populaires
une petite putain à Venise.
Et je n'ai jamais entendu
une prière plus pieuse.
Vous me demandez
Quelle jeune fille j'aimerais posséder ?
Je l'ai comme je la désire,
c'est-à-dire beaucoup avec peu.
Je me promenais au bord de la mer
cherchant des coquillages,
dans l'un d'eux
j'ai trouvé une petite perle.
Elle est restée cachée sur mon coeur,
conservée avec soin.
Longtemps j'ai cherché une femme,
j'ai cherché
mais je n'ai trouvé que des putains.
Enfin je t'ai attrapée, toi,
petite putain,
Et, en toi, j'ai trouvé une femme, mon enfant.
Tous me disent que tu me trompes !
Oh, continue, continue sans cesse
de me tromper de cette manière.
Et vous mesdames, ne nous en veuillez pas d'admirer les filles,
de ce qu'elles ont éveillé le soir, vous profitez la nuit.
- 1790 -
in Concetti (Ed. de l'Amandier, 1999 - p. 35-36)
Traduction et libre adaptation pour le théâtre, par Yves Chevallier