Sur un dédain
Agréable dédain d'une douce maîtresse,
Me pensant faire mal tu me fais un grand bien :
Je n'eusse peu, sans toi, retrouver le moyen
De m'arracher des bras de cette enchanteresse.
Tu remets en vigueur la fleur de ma jeunesse,
Et me viens délivrer d'un funeste lien,
Où je n'eus, prisonnier, de plus doux entretien
Que l'extrème travail de le faire sans cesse.
Dédain, je te reçois d'un visage riant,
Puisquen du tout semblable au Soleil d'Orient,
Tu sais bien dissiper la peine qui me tue.
Aux ardeurs de mes voeux le Ciel s'est adouci,
Car si tu ne veux plus, Alcine, être foutue,
Vraiment, je suis content de ne te foutre aussi !