Les deux maîtresses
Depuis que pour Doris mon pauvre coeur soupire,
En vain pour la louer j' ai fait tous mes efforts ;
Quoi que sa douce voix ressuscite les morts,
Ma muse est languissante, et ne saurait rien dire.
Mais si tôt que Cloris, dont j'adore l'empire,
Me remet en l'esprit les graces de son corps ;
Le noble souvenir de ses rares trésors
M'inspire plus de vers que je n'en veux écrire.
Cloris, tu vois par là que c'est toi qui m'as pris,
Plus qu'une autre ne peut échauffer mes esprits,
Ni donner seulement un essor à ma plume.
Je ressemble au phoenix, cet oiseau sans pareil ;
S'il faut pour l'animer que quelque feu l'allume,
Un autre ne le peut que le feu du soleil.