Sur une infidelité
Sous la rigueur des lois du trompeur hymenée
Tu vas donc te ranger au mépris de ta foi !
Perfide, la raison ne loge plus chez toi,
Ces nouvelles ardeurs te rendent forcenée.
Change, belle Cloris, ton humeur obstinée
En faveur de l'amour qui nous mit sous sa loi ;
Ou si tu n'oses pas avoir pitié de moi,
Fait moi cesser de vivre avant cette journée.
Beaux yeux, dont j'ai chanté la grace, et les appas,
Etes-vous si cruels de ne le vouloir pas ?
Sous quel étrange sort est mon âme asservie !
Complices de mes maux, beaux yeux, me plains-je à tort ?
Lorsque je veux mourir, on me donne la vie,
Et quand je voulais vivre, on me donnait la mort.