Ruses d'amour
Ne feignez point d'aller où le sort vous appelle ;
Ingrate, je vois bien quel est votre désir ;
Vous pensez en changeant goûter un long plaisir,
Mais vous n'en recevrez qu'une honte éternelle.
Celui qui vous brûla d'une flamme nouvelle,
Et que pour votre époux votre coeur va choisir,
Considérant un jour votre humeur à loisir,
Se défira de vous comme d une infidèle.
Mais quel ressentiment m'excite ce couroux ?
Vos larmes nous font voir, que c'est bien malgré vous
Que vous faussez la foi que vous m'avez donnée.
Ce qui me rend aussi ce noeud moins odieux,
C' est que l'aveugle amour qui trompa tous les dieux
Voit encore assez clair pour tromper hymenée.