Les cheveux
châtains en poussière qui sont comme des rêves
flous, auréoles sans consistance qui ne sont que comme un cadre.
Les cheveux noirs qui sont comme des serpents
onduleux sur l'oreiller et qui semblent vous enlacer, de glissantes
tentacules.
Les cheveux roux, mer de feu, sanglants sous la
lumière, non pas calmes jamais mais comme l'ardeur de charbons
intérieurs, non pas doux mais crispés d'emportement,
où nul ne se repose mais où tout brûle.
Vous êtes, châtains, les seuls qui
sachiez descendre dans la nuque et y mettre votre poussière,
comme une chute qui écume en eau éparpillée. Mais
les blonds sont le duvet de la peau qui chatouille la langue.
Des cheveux fous et gris qui sont comme des
aiguilles dans les mains.
Les larges cheveux noirs aux longues houles qui
sont un bercement.
Les cheveux blonds pâles, où le
regard se heurte comme le soleil sur l'eau, qui sont comme des ondes
claires mais sans transparence.
Les cheveux noirs qui comme la nuit sont sans
fond, où plonge le regard jusqu'à l'infini.
Et d'indicibles épouvantes naissent
à ces lueurs mouvantes.