Le
débat fait rage pour savoir
laquelle des deux amies de Philippe
Desportes, Madeleine De
l'Aubespine (1546 – 1596) ou Héliette
de
Vivonne (opinion que partageait Pierre
Louÿs)
, est la véritable auteure des Chansons
de Callianthe.
Ces chansons furent publiées
pour la première fois par Roger Sorg, en 1926 sous le nom
de Madeleine De l'Aubespine. Un peu plus tard, Frédéric
Lachèvre les publie sous celui d'Héliette De Vivonne avec douze lettres inédites de Pierre Louys "non
envoyées à leurs destinataires".
Le
luth
Pour le doux ébat que je
puisse choisir,
Souvent, après dîner, craignant qu'il ne m'ennuie,
Je prends le manche en main, je le tâte et manie,
Tant qu'il soit en état de me donner plaisir.
Sur mon lit je me jète, et, sans m'en dessaisir,
Je l'étreints de mes bras et sur moi je l'appuie,
Et, remuant bien fort, d'aise toute ravie,
Entre mille douceurs j'accomplis mon désir.
S'il advient, par malheur quelquefois qu'il se lâche,
De la main je le dresse, et, derechef, je tâche
Au jouir du plaisir d'un si doux maniement :
Ainsi, mon bien aimé, tant que le nerf lui tire,
Me contemple et me plaît, puis de lui, doucement,
Lasse et non assouvie enfin je me retire.