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Henry –
Félix - Achille Bataille perd son père à
l’âge de 11 ans, puis sa mère 2 ans plus tard.
Élevé par sa sœur (et son mari), il fait des
études artistiques où il développe de
réelles aptitudes pour le dessin et la peinture. À ce
titre, il laisse un album de lithographies : Têtes et pensées
(1901) où l’on retrouve les portraits de nombreuses
célébrités littéraires du début du
XXe siècle (Jules Renard, André Gide, Octave Mirbeau, Pierre Louys, Tristan Bernard, Henri De Régnier, Catulle Mendes...). Toute sa sensibilité le tourne vers l'Art, déjà il dirige le Journal des Artistes vers 1891. Il a laissé un grand nombre de dessins et peintures aujourd'hui éparpillées.
L'écriture aussi l'occupe : les premiers poèmes de La Chambre Blanche,
couchés sur le papier depuis 1887, seront édités
en 1895. Le recueil pose les base de la "douleur moderne" si
chère à l'auteur. Blessé par les regrets de
l'enfance, il poursuit dans le Beau Voyage (1904) cette poésie empreinte de nostalgie. Puis succèdera une œuvre plus brutale : La Divine Tragédie (1916), marquée par l'odeur poudreuse du premier conflit mondial. La Quadrature de l'Amour (1920) termine le cycle poétique. Pour Aragon,
le vers de Bataille : « J’ai marché sur la
traîne immense de ta robe » est le plus beau vers de la
langue française.
Mais, c'est comme auteur de théâtre qu’Henri
Bataille devient célèbre. Entre l'année 1900 et la
Première Guerre mondiale, il fut en effet un des dramaturges
français le plus en vue, des adaptations sont même
jouées jusqu'à Broadway. Ses pièces
s’alimentent de faits divers et de passion amoureuse pour une
critique virulente des mœurs et de la morale figée des
classes élevées de la France de l'avant guerre : Ton sang (1897), Maman Colibri (1904), la Marche nuptiale (1905) et la Femme nue (1908). Après guerre, il récidive avec Les Sœurs d'amour
(1919). Chaque publication est accompagnée d'un manifeste
exposant ses positions contre des journaux aussi partagés que
virulents. Bataille mènera toute sa vie une longue guerre de
position face à la critique. Malade perpétuel, âme
torturée ; il se complait dans la posture du martyr.
Il partagera la vie de ses deux principales interprètes au théâtre. Il rencontre tout d'abord, en 1893,
l'actrice d'origine belge Berthe Bady : leur relation orageuse prend
fin en 1912. Puis, à cette date débute sa liaison avec
Yvonne de Bray qui l'accompagne jusqu'à sa mort.
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"Il y a deux manières de prendre une femme : par la taille et par le sentiment."
Le Baiser - Huile sur toile - 2006
© Alain Gagnon - Peintre, poète et compositeur
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