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à la liste "20è siècle"
Henri
Pichette, de son vrai nom Harry Paul Pichette, est né d'un
père d'origine québécoise et d'une mère
nîmoise, son frère est le peintre James Pichette. Il eut
une enfance plutôt mouvementée. De cette enfance
troublée et de cette double généalogie, il
hérite une propension à la recherche et à
l’imagination linguistique qui le rapprochera des
surréalistes.
Il écrit vers 1942 ses premiers poèmes, Dents de lait, auxquels il joindra vingt ans plus tard des Dents de loup. Correspondant de guerre pendant la campagne du Rhin, il commence les Apoèmes en 1945. Il contribue à plusieurs revues : Les Lettres françaises, le Mercure de France..., rencontre Paul Éluard et
Antonin Artaud qui l'aident à publier ses poèmes. Les
tendances fondamentales de sa poésie sont le déchirement
et la révolte.
En 1947, on joue au Théâtre des Noctambules, à Paris, sa première pièce, Les Épiphanies,
dans une mise en scène de Georges Vitaly servie par trois
comédiens d'importance : Gérard Philipe, Maria
Casarès et Roger Blin. Dans ce poème
théâtral souffle un «mystère profane»,
révolutionnaire et érotique, auquel Antonin Artaud et André Breton ne sont pas étrangers. Les Epiphanies sont l'occasion d'un dialogue amoureux où
le poète s'amuse de la richesse de la langue érotique,
proposant au choix : je "te hanche, te harpe, te herse, te larme, (...)
te triangle, te pylone, te spirale, te bagage, te semence (...) te
sisymbre, te gingembre, t’amande, te chatte…"
Les années 50 le verront s'engager politiquement et collaborer régulièrement à la revue Esprit. Il publie les Odes à chacun en 1961, avant de partir s'installer au Québec entre 1962 et 1964, à la recherche de ses origines.
Les Ditelis du rouge-gorge,
poèmes inédits, seront publiés chez Gallimard en
juin 2005. Fruits d'une longue alchimie, ils sont l'aboutissement des
recherches langagières et de la quête spirituelle du
poète qui s’inscrit désormais dans
l’évangile : le rouge-gorge est oiseau de l'âme, sa
gorge est tachée du sang du Christ. Lors des
célébrations de 1989 (bicentenaire de la
révolution), il s’était même dit
«poète et anticommuniste déclaré»,
voire, de plus en plus «chouan». Avec l'âge, la
révolte prend parfois de curieux chemins...
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