POESIE EROTIQUE
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Henri Rochefort (1831-1913)
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Journaliste, homme politique et écrivain, le marquis Henri De Rochefort-Luçay est mieux connu sous le nom d'Henri Rochefort et fut surnommé le "Prince des polémistes".

Adolescent, il est un admirateur de Victor Hugo et renonce vite aux études médicales auxquelles le destinait son père, auteur dramatique lui-même. Il entre en 1856 au Charivari, journal satyrique, en tant que chargé de la rubrique théâtre.

Il publie un roman, Les Petits mystères de l'Hôtel des ventes, en 1862 et, son œuvre théâtrale (une vingtaine de vaudevilles, comédies et opérettes, pour la plupart écrites en collaboration) connaît quelques succès sans marquer la postérité. Sa carrière de journaliste, en revanche, progresse régulièrement.

Il crée en mai 1868 (!) l'hebdomadaire La Lanterne où il dirige de violents pamphlets contre l'Empire. L'éditorial du premier numéro restera célèbre : "La France compte 36 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement… ". A partir du numéro 14 le journal est interdit à la vente publique. Rochefort rejoint alors à Bruxelles l'autre ennemi de Napoléon : Victor Hugo, qui le loge plusieurs mois.

A la suite de la proclamation de la République, il revient en France. Sa vie est alors une alternance de participation à la vie politique et d'emprisonnements. Malgré la défense insistante de Victor Hugo, il est condamné au bagne. Il sera déporté en Nouvelle Calédonie en même temps que Louise Michel à qui il écrira un poème.

Il s'évade quelque temps après,  parvient en Australie puis à New York où il est  sollicité par le New York Herald pour raconter la seule évasion réussie de toute l'histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie.  Il en fait le récit dans L'Évadé, roman canaque (1880).

Le 11 juillet 1880 l'amnistie est votée et il peut rentrer à Paris. Il reprend son activité de polémiste en créant le journal L'Intransigeant qui porte la voix des anciens communards.

En 1882, il
publie Les dépravés et, victime d'une campagne de presse visant à l'éliminer de la vie politique, il se rapproche progressivement du boulangisme et de l'extrême droite. Lorsque qu'éclate l'affaire Dreyfus, il laisse libre court à son antisémitisme et continue inlassablement son activité de polémiste dans des combats contradictoires. En 1913, c'est un homme isolé qu'on enterre civilement, étant jusqu'au bout resté fermement anticlérical.



Sur l'impératrice Eugénie (1)


L'impératrice est une rousse,
Mais sa couleur est un trésor,
Car lorsque Badinguet (2) la trousse,
Il découvre la toison d'or.


- vers 1868 -



(1) Eugénie De Montijo, épouse de Napoléon III. Une épigramme anonyme a couru dans Paris suite au mariage :
« Montijo, plus belle que sage,
De l'empereur comble les vœux :
Ce soir s'il trouve un pucelage,
C'est que la belle en avait deux... » .


(2) mot populaire qui signifie "plaisantin" et qui fut donné à Napoléon III suite une caricature de Gavarni paru dans le journal satyrique Charivari où Rochefort à fait ses débuts de journaliste. Suite à son mariage avec Napoléon, l'impératrice fut surnommée ironiquement Badinguette.



- Quatrain trouvé dans L'oeuvre libertine des poètes du XIXè siècel, par G. Amplecas* (Bibliothèque des Curieux, 1910, p.251)

*
pseudo de Guillaume Apollinaire


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