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à la liste "19è siècle"
Journaliste,
homme politique et écrivain, le marquis Henri De
Rochefort-Luçay est mieux connu sous le nom d'Henri Rochefort et
fut surnommé le "Prince des polémistes".
Adolescent, il est un admirateur de Victor Hugo et renonce vite aux
études médicales auxquelles le destinait son père,
auteur dramatique lui-même. Il entre en 1856 au Charivari,
journal satyrique, en tant que chargé de la rubrique
théâtre.
Il publie un roman, Les Petits mystères de
l'Hôtel des ventes, en 1862 et, son œuvre
théâtrale (une vingtaine de vaudevilles, comédies
et opérettes, pour la plupart écrites en collaboration)
connaît quelques succès sans marquer la
postérité. Sa carrière de journaliste, en
revanche, progresse régulièrement.
Il
crée en mai 1868 (!) l'hebdomadaire La Lanterne
où il dirige de violents pamphlets contre
l'Empire. L'éditorial du premier numéro
restera célèbre : "La France compte 36 millions de
sujets, sans compter les sujets de mécontentement… ". A partir
du numéro 14 le journal est interdit à la vente publique.
Rochefort rejoint alors à Bruxelles l'autre ennemi de
Napoléon : Victor Hugo, qui le loge plusieurs mois.
A la suite de la proclamation de la
République, il revient en France. Sa vie
est alors une alternance de participation à la vie politique et
d'emprisonnements. Malgré la défense insistante de Victor
Hugo, il est condamné au bagne. Il sera déporté en
Nouvelle Calédonie en même temps que
Louise Michel à qui il écrira un poème.
Il s'évade quelque temps après,
parvient en Australie puis à New
York où il est sollicité par le New York Herald pour raconter la
seule évasion réussie de toute l'histoire du bagne de
Nouvelle-Calédonie. Il en fait le récit dans L'Évadé, roman canaque
(1880).
Le 11 juillet 1880 l'amnistie est votée et
il peut rentrer à Paris. Il reprend son activité de
polémiste en créant le journal L'Intransigeant qui porte la voix
des anciens communards.
En 1882, il publie Les
dépravés et, victime d'une campagne de presse
visant à l'éliminer de la vie politique, il se
rapproche progressivement du boulangisme et de l'extrême droite.
Lorsque qu'éclate l'affaire Dreyfus, il laisse libre court
à son antisémitisme et continue inlassablement son
activité de
polémiste dans des combats
contradictoires. En 1913, c'est un homme isolé qu'on enterre
civilement, étant jusqu'au bout resté fermement
anticlérical.
Sur l'impératrice Eugénie
(1)
L'impératrice est une rousse,
Mais sa couleur est un trésor,
Car lorsque Badinguet (2)
la trousse,
Il découvre la toison d'or.
- vers 1868 -
(1) Eugénie
De Montijo, épouse de Napoléon III. Une
épigramme anonyme a couru dans Paris suite au mariage :
« Montijo, plus belle que sage,
De l'empereur comble les vœux :
Ce soir s'il trouve un pucelage,
C'est que la belle en avait deux... » .
(2) mot populaire qui signifie
"plaisantin" et qui fut donné à Napoléon III suite
une caricature de Gavarni paru dans le journal satyrique Charivari où Rochefort
à fait ses débuts de journaliste. Suite à son
mariage avec Napoléon, l'impératrice fut surnommée
ironiquement Badinguette.
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Quatrain trouvé dans L'oeuvre
libertine des poètes du XIXè siècel, par G.
Amplecas*
(Bibliothèque des Curieux, 1910, p.251)
* pseudo de Guillaume Apollinaire
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