POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Henriette De Coligny (1618-1673)
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Fille de Gaspard III De Coligny, Maréchal de France, Henriette De Coligny appartient par sa naissance à un milieu de huguenots  militants. Elle épouse en 1643 le comte De Haddington qu'elle suit jusqu'en Angleterre, mais devenue rapidement veuve, elle revient en France.

Sa famille lui fait alors épouser (1653) le comte De La Suze. Pour échapper à la vie recluse que celui-ci lui fait mener dans ses châteaux, elle vient s'installer à Paris et se fait convertir (1653) au catholicisme mondain, plus tolérant pour les plaisirs de la vie, par la reine elle même, ce que les protestants ne lui pardonneront pas.

Elle mène alors une vie mouvementée, vouée à la poésie et aux mœurs légères, au cours de laquelle elle acquiert une réputation de beauté, d’esprit et de talent. Ninon de Lenclos, Christine De Suède, Madeleine De Scudéry sont ses amies. On lui prête maintes liaisons et, imprévoyante cigale, elle se ruine en procès. Elle obtient difficilement en 1661 l'annulation de son mariage avec De La Suze.

Ses premiers vers paraissent en 1653. Ils enrichiront de nombreux recueils collectifs de poésie galante, avant d’être réunis en 1666 sous le titre Poésies de Mme la Comtesse De La Suse.

Une de ses descendantes sera Louise de Châtillon-Coligny, la tendre Lou d'Apollinaire.





Elégie
(extrait)

(...)

Belle et secrète paix d'un amant bienheureux,
Ne reviendrez-vous plus dans mon coeur amoureux ?
Le Dieu qui vous fit naître est toujours dans mon âme :
Mais s'il la brûle encore de sa première flamme,
Je ne l'y ressens plus par ces beaux mouvements,
Qui l'élevaient sans cesse à des ravissements.
Hélas! qu'il est changé, le cruel que j'adore,
Son feu qui m'animait, à présent me dévore,
Aussi je n'offre plus sur ces fameux autels,
Que des larmes de sang et des soupirs mortels ;
Il n'a plus les attraits qu'il avait de coutume
Et toute sa douceur se change en amertume ;
Puisqu'il me persécute et la nuit et le jour,
Puisqu'il n'a plus d'appas, l'amour n'est plus l'amour.
Ce dieu doux et charmant qui fit toute ma joie,
Devient un fier démon à qui je suis en proie ;
Et bien que la rigueur m'accable de malheurs,
Je chéris tout de lui jusques à mes douleurs.






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