Fille
de Gaspard III De Coligny, Maréchal de France, Henriette De
Coligny appartient par sa naissance à un milieu de
huguenots militants. Elle épouse en 1643 le comte De
Haddington qu'elle suit jusqu'en Angleterre, mais devenue rapidement
veuve, elle revient en France.
Sa famille lui fait alors épouser (1653) le comte De La Suze.
Pour échapper à la vie recluse que celui-ci lui fait
mener dans ses châteaux, elle vient s'installer à Paris et
se fait convertir (1653) au catholicisme mondain, plus tolérant
pour les plaisirs de la vie, par la reine elle même, ce que les
protestants ne lui pardonneront pas.
Elle mène alors une vie mouvementée, vouée
à la poésie et aux mœurs légères, au
cours de laquelle elle acquiert une réputation de beauté,
d’esprit et de talent. Ninon de Lenclos, Christine De
Suède, Madeleine De Scudéry sont ses amies. On lui
prête maintes liaisons et, imprévoyante cigale, elle se
ruine en procès. Elle obtient difficilement en 1661 l'annulation
de son mariage avec De La Suze.
Ses premiers vers paraissent en 1653. Ils enrichiront de nombreux
recueils collectifs de poésie galante, avant d’être
réunis en 1666 sous le titre
Poésies de Mme la Comtesse De La Suse.
Une de ses descendantes sera Louise de Châtillon-Coligny, la tendre Lou d'
Apollinaire.