Sur ce temple adorable,
et plus nu que la nudité,
où la houle du ventre répond aux noeuds du corps,
je sacrifie aux dieux terrestres de l'amour :
le sein dressé comme navire de haute guerre, et pavoisé
de tant de lèvres qui le pressent ;
puis la course des doigts parmi les ombres sous le ventre, qui
s'entre-battent et mordent dans le rose de la chair, au porche exact et
chaud des écarlates voluptés où s'enlacent varechs
et branches
du délectable abri !...
II
Aux chocs des dents, aux
jeux des bouches qui se prennent et se déprennent, dans
l'architecture de deux corps noués et dénoués ;
perdus entre les eaux, les draps, les cris,
la langue folle cueille le sel à tous les rochers de la peau (et
j'affouille sous la jupe qui se fend la nocturne splendeur du ventre),
puis revient en la moiteur devineresse,
et glisse et court par le sentier de nos plaisirs, puis quitte, pour le
bonheur des yeux, et l'audace du sexe, l'arche somptueuse de deux
fesses qui se rendent...