Issu
d'une famille d'écrivains (dont Pierre Habert, son père, qui fut
poète et inventa une méthode de calligraphie en 1540 ; et
François Habert, son oncle, qui fut également poète),
Isaac Habert demeura d'abord dans la maison de Guy de Saint Gelais
auprès duquel il prit du goût pour
l’éloquence et la philosophie.
Puis, secrétaire du roi Henri III, il pu profiter des avantages
de la cour pour approfondir ce goût et écrire de nombreux
ouvrages sur des thèmes scientifiques, religieux et amoureux. On
peut citer le recueil
Hymne du Soleil et ses premières
Œuvres poétiques, publiés en 1582, qui se composent essentiellement de poèmes d'amour ; puis
Les Trois livres des Météores (1585) plus versé dans les matières philosophiques et physiques.
Dieu ! que je suis heureux quand je baise à loisir
Le pourpre soupirant de tes lèvres mollettes,
Quand nous faisons frayer le bout de nos languettes
D'une humide rencontre, ô Dieu, que de plaisir !
Dieu ! que je suis heureux quand, ardent de désir,
Je sens à petits flots les humeurs doucelettes
De ta langue couler sur tes lèvres pourprettes ;
D'un doux ravissement lors je me sens saisir,
Ton âme doucement se glisse dans la mienne,
Secrètement la mienne entre dedans la tienne,
Seule dans moi tu vis, je vis seul dedans toi,
Par ce baiser mignard qui nos âmes assemble.
Dieu, faites que toujours elle vive dans moi
Comme je vis dans elle, et que mourions ensemble !
- 1582 -
Cité in Eros Baroque. Anthologie thématique de la poésie amoureuse (1570-1620) - Ed. 10/18, 1979, p. 87