Accueil
|
Joris-Karl
Huysmans est un homme et écrivain étrange,
inconstant et tout en contraste.
Il descend d'une longue lignée d'artistes peintres flamands (il
produira d'ailleurs quantité d'essais en tant que
critique
d'art). Après une triste jeunesse (son père
décède alors qu'il a 8 ans et l'année suivante sa
mère se remarie avec un homme qu'il n'aime pas), il
poursuit une carrière de fonctionnaire pendant trente ans.
Il publie à compte d'auteur en 1874 Le Drageoir aux épices,
recueil de poèmes en prose à la
manière noire
d'Edgar Poe et de Baudelaire,
décrivant les mœurs de l'époque et
particulièrement de la femme parisienne. Puis il écrit
un roman, le premier en date, sur les filles de maisons, Marthe, qui parut en 1876,
à Bruxelles, et fut interdit en France comme attentant aux
mœurs.
Un article sur L'Assommoir et un roman, Les Sœurs Vatard (1879), lui
valent l'amitié d'Émile Zola et l'amènent
à participer à la publication en 1880 du recueil
collectif Les Soirées de
Médan qui est le manifeste du naturalisme.
En publiant À rebours
en 1884, il change radicalement de style pour une étape
satanique, où se mêlent magie noire, sorcellerie,
rêve, sensualité et trivialité. Dans ce
roman, il donne vie à un personnage qui tente d'échapper
à l'ennui et à la société par
l'isolement et la multiplication des plaisirs qu'il imagine
lui-même. Dans le même style, il aura son roman
Là bas en
1891. Ces œuvres décadentes au goût du détail
cru ne sont pas sans lien avec son mode de vie à cette
époque et ses nouvelles fréquentations
littéraires (Verlaine, Mallarmé, Théodore Hannon) et
amoureuses. Hormis Anna Meunier, sa compagne de 1872 à 1895 dont
il aura deux filles, il aura comme amante Henriette Maillat
(1888), une aventurière qui court les hommes de lettres,
et partagera à partir de 1889 sa passion de l'occultisme
avec Berthe
Courrière, la maîtresse de Remy de Gourmont
En 1892 Huysmans se convertit soudainement au catholicisme. En 1896,
année du décès d'Edmond de Goncourt,
ami de longue date, il s'attache à réaliser le vœux
de celui-ci de mettre en place l'Académie de Goncourt dont il
sera le premier président. Puis, atteint d'un cancer, il
finira par se retirer chez les bénédictines
à Paris, où il meurt en 1907.
A noter que la pensée de Huysmans s'est aussi
caractérisée par une peu recommandable haine
raciste et profonde des
Méridionaux (latins, occitans, arabes…) au profit d'une
admiration pour l'esprit allemand…
( La louve )
Chamane louve
(séquoïa et bronze)
|