Lorsque soudain tu apparais
Hiérophanie
Prodigalité de l’alliance renouvelée
Avec je ne sais quel dieu
Mais que j’invoque et remercie sans le connaître.
Et toutes ces heures d’anxiété, de silence et de vain oubli
(Car mon corps aussi a une mémoire)
Ces minutes folles passées à guetter ton pas dans l’escalier
Obtiennent leur justification et leur récompense.
Joie qui rend fade toute autre joie
N’importe où, n’importe quand
Je suis toujours nu devant toi
A chaque fois redécouverte
A chaque fois plus désirée.
Du plus profond de moi
Une force jaillit
Une force qui exècre toute limite
Une force qui conteste ce qui me fonde
Mon individualité
Mon enveloppe de vivant
Car chacun de nous est limite
Et insuffisance d’être.
Et mes caresses et mes serments
Toujours plus riches, toujours plus pauvres
Achoppent sur cette évidence
De moins en moins traduisible.
Mon sexe est une clé
Qui n’ouvre jamais qu’une porte déjà ouverte
Cyclope cherchant désespérément dans la nuit
L’entrée du palais de ton âme
Non pour dérober tes secrets
Mais pour y achever le culte
Commencé dans la conjonction de nos regards et de nos doigts
Culte sans autre cérémonie
Que ta présence à ma présence.
D’où viens-tu ?
Nous sommes-nous déjà abolis l’un dans l’autre
Et avons-nous été si longtemps séparés
Pour que la volonté de vivre et de mourir
Pour toi et avec toi
S’impose à moi comme un destin
Par delà tout bien et tout mal ?
Ton nom est DESIDERI