Prévert
passe son enfance à Paris, aux côtés d'un
père critique dramatique, qui l'amène souvent au
théâtre, et d'une mère qui l'initie à la
lecture, tandis qu'il fait souvent l'école
buissonnière.
Dès l'adolescence, il participe au mouvement
surréaliste, avant de s'en éloigner. Ses
poèmes sont mis en musique par Joseph Kosma dès 1933. Il
écrit des pièces de théâtre pour ce
qui sera plus tard le groupe Octobre
(en référence
à la révolution russe) et réalise de
nombreux scénarios, dialogues et adaptations pour les plus
grands films réalistes poétiques du cinéma
français des années 40.
Après la publication de son recueil Paroles
en 1948, il devient un grand poète populaire, grâce
à son langage familier, à son humour et à ses
hymnes à la liberté. 1948 est aussi
hélas l'année où suite à une chute il reste
plusieurs jours dans le coma et en gardera des séquelles
neurologiques graves. Il meurt cependant bien plus tard, à
77 ans, des suites d'un cancer du poumon, lui qui avait toujours
la clope au bec...
Sa
poésie
est constamment faite de jeux sur les mots et les sons dont le
poète tire des effets comiques inattendus, des
significations doubles et des images insolites. Originaire d'un
milieu bourgeois catholique, Prévert ne cesse dans ses
œuvres de se moquer des convenances, de la haute
société, du clergé et de la
religion. Son anticléricalisme est souvent
occulté au profit
de ses thèmes sur l'enfance et la nature.
Prévert et
les femmes :
"Dans le
cinéma actuel, la misogynie domine. Moi, j'aime les femmes et je
les préfère aux hommes. Ça se voit dans mes films.
Elles ont le beau rôle", disait-il en 1967.
Il est vrai que les femmes qu'il imagine
dans ses scénarios et dialogues sont libres, d'une
liberté étonnante à l'époque où
sortent ces films : elles ont souvent eu des amants avant de rencontrer
celui qu'elles aiment, osent manifester leur désir, ne veulent
pas être mises en cage; s'opposent à l'oppression
familiale et sociale, se battent contre des hommes puissants,
revendiquent leur droit au bonheur et à l'amour.