POESIE EROTIQUE
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Jean-Baptiste Lully (1632-1687)

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Né Giovanni Battista Lulli à Florence, remarqué vers 1645 par le Duc de Guise, il est placé en France comme garçon de chambre chez Mademoiselle de Montpensier (nièce du duc et cousine de Louis XIV) et manifeste déjà de sérieuses dispositions pour la musique et la danse.

Naturalisé français en 1661, il épouse quelques mois plus tard Madeleine Lambert, dont il aura six enfants (3 deviendront musiciens).

À partir de 1664, Lully travaille régulièrement avec Molière, qui le surnommait "le paillard", créant le genre de la comédie-ballet. En 1653 il entre au service de Louis XIV comme violoniste et danseur. L'année suivante il est nommé compositeur de la musique instrumentale du Roi. En 1671 Lully et Molière se fâchent, devenant les pires ennemis. Lully compose alors environ une tragédie en musique par an, éclipsant tous les compositeurs de son époque.

Lully domina en effet toute la vie musicale en France à l'époque du Roi soleil, tant par ses dons de musicien et d'organisateur que par ceux de courtisan et d'intriguant.

En 1681, il est même nommé Sécrétaire du Roi. Cependant les faveurs de Louis XIV s'estompent progressivement au fur et à mesure que les rumeurs sur les relations sodomites de Lully grandissent et jusqu'à ce que ses relations homosexuelles fassent scandale en 1685 quand il fut avéré qu'il fricotait avec Brunet, un jeune page qu'il instruisait à la musique.

En savoir plus :
Par H. Prunières
La vie scandaleuse de Jean-Baptiste Lully (Le Mercure de France - 1916)
La Vie illustre et libertine de Jean-Baptiste Lully (Plon, 1929)




Autre chanson


La vieille Certain (1) se fâche
Que Brunet (2) soit mon mignon ;
Elle est une vieille vache,
Il est un joli bardache*,
Elle a le con large et profond
Il a le cul petit et rond

1681


* sodomiste passif
(1) Marie - Françoise Certain, célèbre musicienne claveciniste, aurait été la maîtresse de Lully par le biais sa mère (Anne de Gaillarbois), la "vieille" dans le poème ci-dessus, qui fit tout pour faire réussir sa fille...


Une chanson de 1681 évoque cette liaison :



Laisse là la Certain, ragraffe ton pourpoint,
Crois moi, mon cher Lully passe plus outre,
Vois sa vieille maman là-bas dedans un coin
Qui gratte un cul où tiendrait une poutre,
Laisse là tous ces culs qui ne te foutent point
Prends le vit de Brunet (2) qui te va foutre.


in Chansonnier Maurepas (Manuscrit BNF - Tome V - p. 123)



(2)  En raison de sa charge de Sur-intendant de la Chambre du roi, Lully devait héberger et éduquer – musicalement s’entend - un des pages de cette institution : Brunet fut l’un d’eux. Beau garçon, séduisant, il était déjà « mué » lors de son aventure avec son maître, quoiqu’il fût encore très jeune. Lully semble attaché au jeune homme : il lui donne une éducation musicale solide et l’admet dans son intimité. Lully est bientôt dénoncé : sa relation avec Brunet est trop voyante car, selon un témoin du temps, il couche avec lui « chaque nuit au scandale de sa femme et de ses enfants ».  Le page Brunet est arrêté et enfermé à Saint-Lazare. Lully, de son côté, connut une certaine disgrâce de la part du Roi.



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