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Fils d'un riche
cordonnier, Jean-Baptiste Rousseau fait des études chez les
Jésuites et est introduit auprès de la Cour du Roi par le
Maréchal de Noailles à qui ses odes et psaumes religieux
ont plu. Dans le même temps qu'il compose des oeuvres
dévotes, il rime en secret des épigrammes licencieuses
(particulièrement de nature sodomite) pour la
Société du Temple, dans laquelle il a été
introduit par le Marquis De La Fare et
l'Abbé De Chaulieu.
Il s'essaye au théâtre, mais les
comédies et opéras qu'il donne n'ont pas de
succès, il en composera tout de même une douzaine.
Cependant, l'habileté qu'il montre dans la versification lui
attire la protection de Boileau, qui le considère comme le seul
poète de l'époque capable de continuer la manière
classique et le guide de ses conseils. En 1710, Rousseau se
présente à l'Académie française contre
Houdar de la Motte et est battu.
Dépité, il s'en retourne avec plus de
rage à la poésie satyrique. Un arrêt en date du 7
avril 1712 la condamne au bannissement à
perpétuité "comme atteint et convaincu d'avoir
composé et distribué des vers impurs, satiriques et
diffamatoires". Il quitte la France et est accueilli par un des plus
célèbres et puissants homosexuels d'Europe, le Prince
Eugène de Savoie, pendant trois ans. Puis il s'installe à
Bruxelles, chez le Duc d'Aremberg,
où il rencontre Voltaire
en 1722. Voltaire qui, dans sa jeunesse, avait fait des bassesses pour
l'approcher en lui écrivant des lettres pleines de flatterie se
brouille alors avec lui. Selon Rousseau, lors d'une promenade en
carrosse, "le petit coquin d'Arouet l'avait tellement indigné
par la licence de ses propos et par la lecture d'une ode impie, qu'il
avait dû le menacer de descendre et de le laisser seul". Voltaire
se venge en 1738 par un pamphlet anonyme : Vie de M. J-B. Rousseau.
En 1737, fatigué de l'exil, Rousseau
sollicite l'autorisation de revenir en France. Il se rend à
Paris l'année suivante pour y résider quelques mois
incognito, sous le nom de Richer. " C'est un consommé de Panurge
et de la Rancune ", dit alors de lui Alexis
Piron. Ses démarches sont un insuccès et il doit
reprendre la route de Bruxelles où il termine sa vie.
Epigrammes
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