Quelques
perles sensuelles des
îles, péchées dans "Haïti blues" de Jean
François Ménard, poète breton.
Murmure de la plage
au pas lent d'une femme
nonchalante aux seins nus
Dans le soleil, tu m'es
en rêve la démarche
la chevelure soie
Comme le sable noir
de mer créole claire
Amour aux baisers feu
comme un vent du midi
souffle chaud sur la plage
Au pas lent d'une femme
nonchalante aux seins nus.
©Jean
François Ménard
A
la fraîcheur des amandiers
Roux de la rive
Tu te reposes du soleil
Et de la mer
Et sur la grève superbe
Jeune trieuse
De roches longues jambes tu ris
Belle ébène
Fille Antille aux yeux comme des mots
mots
Fermes tes seins
Dans ton corsage boléro tu
Me reviens
Aimer au soleil Haïti
Couchant bord de mer
Une jeune trieuse de roches :
Erzulie.
©Jean
François Ménard
La nuit cayenne
Danse
Les cimetières sous la lune
Et la mer
Comme un mouchoir
Qu'une femme nue se noue
Se déploie.
©Jean
François Ménard
L'essentiel d'Haïti
blues
n'est pas l'érotisme mais une voix pour les sans-voix, des
paroles pour les musiques d'un peuple heureux et
déchiré, d'un pays de misère et de beauté.
Ce reccueil est d'ailleurs paru avec "Echopoèmes",
poèmes sur les Droits de l'Homme, aux éditions
L'Harmattan (1985).