Jean-François Ménard, poète breton, personnage rêveur, agréable et enjoué, est une connaissance. Il m'a un jour donné à lire son recueil Haïti blues où j'ai péché quelques perles sensuelles de l'île...
Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'essentiel d'Haïti blues
n'est pas l'érotisme mais une voix pour les sans-voix, des
paroles pour les musiques d'un peuple heureux et déchiré,
d'un pays de misère et de beauté. Ce reccueil est
d'ailleurs paru avec Echopoèmes - poèmes sur les Droits de l'Homme, aux éditions L'Harmattan en 1985.
Haïti Blues
*
Murmure de la plage
au pas lent d'une femme
nonchalante aux seins nus
Dans le soleil, tu m'es
en rêve la démarche
la chevelure soie
Comme le sable noir
de mer créole claire
Amour aux baisers feu
comme un vent du midi
souffle chaud sur la plage
Au pas lent d'une femme
nonchalante aux seins nus.
*
A
la fraîcheur des amandiers
Roux de la rive
Tu te reposes du soleil
Et de la mer
Et sur la grève superbe
Jeune trieuse
De roches longues jambes tu ris
Belle ébène
Fille Antille aux yeux comme des mots
mots
Fermes tes seins
Dans ton corsage boléro tu
Me reviens
Aimer au soleil Haïti
Couchant bord de mer
Une jeune trieuse de roches :
Erzulie.
*
La nuit cayenne
Danse
Les cimetières sous la lune
Et la mer
Comme un mouchoir
Qu'une femme nue se noue
Se déploie.
*
© Jean
François Ménard