Je ne
connais pas grand chose de Jean Grillet, si ce n'est qu'il fut
émailleur ordinaire d'Anne d'Autriche, régente du royaume
de France, "un de ces mauvais rimeurs burlesques, assez communs
sous la minorité de Louis XIV"(Annales poétiques depuis l'origine de la poésie française, Tome 19, chez Delalain, 1781).
Il nous reste de lui un unique ouvrage, dont le sonnet ci-dessous est extrait.
A Caliste
Caliste il ne faut plus chatouiller ce Fusil,
Qui vous mit tout en feu la cotte et la chemise,
Vous devez chatouiller plutôt un autre outil,
J'en sais un qui s'y porte avec bien de franchise,
Vos yeux le font bander, il n'est pas moins subtil
Mais il n'use jamais de semblable surprise,
Et si son passe-temps est tellement gentil
Que si vous le savez ce serait sans remise,
Ne me répondez pas que tant de seaux d'eau
Qui vous furent jetés vous ayant refroidie,
Bien que c'est à l'endroit où depuis le berceau
L'on commence à sentir l'amoureuse incendie,
Si vous dites que si, je vous dirais que non,
Cet autre feu requiert l'adresse d'un canon.