POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Jean Lorrain (1855 - 1906) 
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Romancier, nouvelliste, poète, conteur, journaliste, chroniqueur, critique d'art, auteur de pièces de théâtre et de pantomimes, parolier..., Paul Alexandre Martin Duval, Jean Lorrain de son pseudonyme d'auteur, a une vie intime et littéraire bien remplie dont il est difficile de faire le résumé. Je m'intéresse donc ici particulièrement à ses oeuvres poétiques et à la période où elles ont été écrites.

Le personnage est un dandy provocateur qui aura une vie dissipée, faite d'excentricités, de plaisirs, de voyages et de duels (la plupart du temps à cause de ses chroniques venimeuses). Sa grande amie Rachilde (Marguerite Eymery) le baptisera "le fanfaron du vice" et "l'ambassadeur de Sodome à Paris", elle-même est un personnage qui fleure bon le scandale et produit des écrits sulfureux.

Jean Lorrain s'affiche homosexuel, "Enfilanthrope" selon sa propre expression, souvent maquillé, paré de bijoux et habillé de manière excentrique, et c'est sous la forme poétique et dans l'imitation des poètes grecs antiques, qu'il se laisse le plus aller à des tableaux homosexuels, car dans ses romans (Monsieur de Bougrelon, Monsieur de Phocas, Le Vice errant...) l'homosexualité, bien qu'évidente, n'est jamais franchement avouée.

"J'ai couché cette nuit entre deux débardeurs
Et ils m'ont délivré de toutes mes ardeurs."


Dès la fin de l'adolescence (1878) il fréquente les Maupassant (notamment Hervé, son compagnon de jeux, frère de Guy) dont il est voisin à Fécamp, sa ville natale. Il abandonne rapidement ses études de Droit pour la carrière littéraire, encouragé par sa mère qui lui choisi son pseudonyme ; ses premiers séjours prolongés à Paris coïncident avec ses premières liaisons homosexuelles.

Là il rencontre Verlaine, Charles Cros, Laurent Tailhade, Rachilde... ; publie ses premiers vers dans des revues confidentielles du Quartier Latin et collabore au journal du cabaret Le Chat noir. En 1882 il publie son premier recueil de poèmes, Sang des dieux, dédié à Leconte de Lisle qui, comme Heredia, s'intéresse à lui. Son second recueil, La forêt bleue, paraîtra l'année suivante. Ses autres recueils de poèmes sont : Modernités (1885), qui fit scandale - Les griseries (1887), ayant pour cadre le XVIIIème siècle libertin - et L'ombre ardente (1897).

Il écrira quantités d'autres oeuvres dans des domaines et styles variés, souvent provocateur, et fréquentera Robert De Montesquiou, J.K. Huysmans, Sarah Bernhardt, Pierre Loti, Mallarmé, Henri De Régnier, Oscar Wilde, Pierre Loüys... et bien d'autres.

En savoir plus (bio, biblio, docs...) :
Jeanlorrain.net



Poèmes extraits du recueil L'ombre ardente
(Ed. E. Fasquelle, 1897)

L'ombre d'or  - Les Ephèbes

Bathyle

Athys

Antinous



Antiques

Pour Paul Verlaine.

I

Une idylle brûlante aux sept trous de ta flûte
Se lamente, Mnasyle, et tandis que la chute
Des lourds citrons trop mûrs s'égrène lentement,
Bathyle au banc de marbre accoudé mollement
S'abandonne, t'écoute et sent naître en son âme
Des lâchetés d'esclave et des désirs de femme.

*
Ecrit en décembre 1894
Publié au Mercure de France en février 1895
et très probablement
Inspiré de cette photo de Wilhelm Von Gloeden (1856-1931)
v


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