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à la liste "19è siècle"
Romancier,
nouvelliste, poète, conteur, journaliste, chroniqueur, critique
d'art, auteur de pièces de théâtre et de
pantomimes, parolier..., Paul Alexandre Martin Duval, Jean Lorrain de
son pseudonyme d'auteur, a une vie intime et littéraire bien
remplie dont il est difficile de faire le résumé. Je
m'intéresse donc ici particulièrement à ses
oeuvres
poétiques et à la période où elles ont
été écrites.
Le personnage est un dandy provocateur qui aura une
vie dissipée, faite d'excentricités, de plaisirs, de
voyages et de duels (la plupart du temps à cause de ses
chroniques venimeuses). Sa grande amie Rachilde (Marguerite Eymery) le
baptisera "le fanfaron du vice" et "l'ambassadeur de Sodome à
Paris", elle-même est un personnage qui fleure bon le scandale et
produit des écrits sulfureux.
Jean Lorrain s'affiche homosexuel, "Enfilanthrope"
selon sa propre expression, souvent maquillé, paré de
bijoux et habillé de manière excentrique, et c'est sous
la forme poétique et dans l'imitation des poètes grecs
antiques, qu'il se laisse le plus aller à des tableaux
homosexuels, car dans ses romans (Monsieur
de Bougrelon, Monsieur de Phocas, Le Vice errant...)
l'homosexualité, bien qu'évidente, n'est jamais
franchement avouée.
"J'ai couché cette nuit entre
deux débardeurs
Et ils m'ont
délivré de toutes mes ardeurs."
Dès
la fin de l'adolescence (1878) il
fréquente les Maupassant
(notamment Hervé, son compagnon de jeux, frère de Guy)
dont il est voisin à Fécamp, sa ville natale. Il
abandonne rapidement ses études de Droit pour la carrière
littéraire, encouragé par sa mère qui lui choisi
son pseudonyme ; ses premiers séjours prolongés à
Paris coïncident avec ses premières liaisons homosexuelles.
Là il rencontre Verlaine,
Charles
Cros, Laurent Tailhade,
Rachilde... ; publie ses premiers vers dans des revues confidentielles
du Quartier Latin et collabore au journal du cabaret Le Chat noir. En 1882 il
publie son premier recueil de poèmes, Sang des dieux, dédié
à Leconte de Lisle qui, comme Heredia,
s'intéresse à lui. Son second recueil, La forêt bleue,
paraîtra l'année suivante. Ses autres recueils de
poèmes sont :
Modernités
(1885), qui fit scandale - Les
griseries (1887), ayant pour cadre le XVIIIème
siècle libertin - et L'ombre
ardente (1897).
Il écrira quantités d'autres oeuvres
dans des domaines et styles variés, souvent provocateur, et
fréquentera Robert De
Montesquiou, J.K. Huysmans, Sarah
Bernhardt, Pierre Loti, Mallarmé,
Henri De Régnier,
Oscar Wilde, Pierre Loüys... et
bien d'autres.
Poèmes
extraits du recueil L'ombre ardente
(Ed. E. Fasquelle, 1897)
L'ombre d'or -
Les
Ephèbes
Bathyle
Athys
Antinous
Antiques
Pour Paul Verlaine.
I
Une idylle brûlante aux sept trous de ta flûte
Se lamente, Mnasyle, et tandis que la chute
Des lourds citrons trop mûrs s'égrène lentement,
Bathyle au banc de marbre accoudé mollement
S'abandonne, t'écoute et sent naître en son âme
Des lâchetés d'esclave et des désirs de femme.
*
Ecrit en décembre 1894
Publié au Mercure de France
en février 1895
et très probablement
Inspiré de cette photo de Wilhelm Von Gloeden (1856-1931)
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