Si tu veux, m’amour, ce soir
Nous nous en irons derrière
La maison, pour nous asseoir
Où commence la clairière.
Là je veux, l’oreille au vent,
Te bien faire entendre comme
Les grands arbres en rêvant
Parlent tout haut dans leur somme.
Ainsi qu’un vague soupir,
Tu sentiras une à une
Leurs musiques s’assoupir
Sous les baisers de lune.
Nous ne parlerons de rien ;
Nous ferons un grand silence
Jusqu’à temps qu’ils dorment bien
Dans la nuit qui les balance.
Alors, folle, entre mes bras
Tu riras de ne rien dire,
Et tu les éveilleras
Avec cet éclat de rire.
in chapitre Floréal