XVII
Mes désirs ne sont point lassés.
Donne-moi tes baisers, maîtresse
Je n'en aurai jamais assez
J'en veux boire jusqu'à l'ivresse.
Donne-moi tes baisers ! Encor !
Je veux boire à ta bouche rose.
Tu me dis, et j'en suis d'accord,
Que c'est toujours la même chose ;
Mais c'est toujours nouveau pourtant !
Je suis un buveur peu sévère,
De ceux qui boivent tant et tant
Qu'ils se noient au fond de leur verre.
Folle, il faut te griser aussi.
Laisse-toi donc faire, et sois ivre !
Donne tes baisers, comme si
Tu n'avais plus qu'un jour a vivre.
XVIII
La possession dégoûte !
Et pourtant je te veux toute
Jusqu'à la dernière goutte.
Car, jamais désaltéré,
Sur tes lèvres je boirai
Toujours de l'inespéré.
in chapitre Thermidor