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Jehan-Rictus, de
son vrai nom Gabriel Randon de Saint-Amand, passe son enfance en
Angleterre où son père est professeur de gymnastique, un
père qui ne reconnaît pas l'enfant et quitte le
foyer quand il a 9 ans. Il s'installe alors à Paris avec
sa mère, une mère caractérielle qui le maltraite.
A 14 ans il sort des rangs de l'école pour exercer de
petits métiers et quitte sa mère à 16 ans pour
une existence de misère parmi les vagabonds de Paris. Il
se passionne, en autodidacte, pour la poésie,
fréquente Montmartre et ses échoppes d'étudiants
fêtards, de clochards confirmés, de poètes
bohème et d'artistes anarchistes.
Après des premiers essais de lecture publique
de poésie en 1894, il lui vient l'idée de composer
des textes en langue populaire, utilisant la gouille parisienne
pour faire parler un miséreux, débutant ainsi son recueil
Soliloques du Pauvre
qui sera édité en 1897 sous le pseudonyme de Jehan-Rictus
qu'il a choisi d'utiliser pour le reste de sa carrière
littéraire.
" Mes darons
qu'avaient l'cœur bon,
m'avaient bien donné un blason :
Gabriel, çui d'l'Archange,
mais d'puis qu'on m'foutait les langes,
On m'trouvait une drôle de coupure
Au visage, comm'une angelure,
C'est " l'rictus " qu'on m'a baptisé,
A l'état-civil des va-nu-pieds"…
C'est un
succès immédiat, il se produit dans divers cabarets, dont
le Chat
noir. Les Soliloques
sont plusieurs fois réédités dont en 1903 avec une
centaine d'illustrations de Steilen. Il
enchaîne diverses publications (poèmes,
pièces, roman), fréquente assidûment les
cabarets littéraires (rencontre notamment Guillaume Apollinaire, Max Jacob,
Léon Bloy, Jose Maria de Heredia
et Paul Gauguin)
jusqu'à son deuxième grand recueil de poésie : Le Cœur populaire en 1914.
Après la guerre, il ne publie plus grand chose et se consacre
à son journal intime ainsi qu'à une abondante
correspondance.
Décoré de la légion
d'honneur en 1930, il devient royaliste (après avoir
été nationaliste pendant la guerre et anarchiste
dans sa jeunesse...), enregistre quelques un de ses textes sur
disque et participe à des émissions de radio, avant
de mourir.
Privé d'amour maternel Jehan-Rictus
rêvait de femmes douces entre les seins desquelles poser
enfin sa fatigue de vivre, quête d'une femme madone
apaisante, amante-amie-mère, jamais rencontrée,
qu'il poursuivra toute sa vie...
Site de
référence sur Jehan-rictus :
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