POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Lambert Savigneux
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(à louve en guise de suite)


essaime de froid
ta hutte de paille en rime de feu
même argile
m’aime ton corps
craquelé
sème la poussière
d’ambre
fille au désert
ma serine
ma voix belle
sirène
de fil en fil
mon gout cerise
iris
tu ris ma belle
la pluie te brille les yeux
bille et doux
s’entortille le rêve
et casse
la magie au corps
souple vase et large
en crin le dos
bas
mon vert s’empoussière
les carreaux de ta grève
ma peau
en dessous
s’ébroue
le rose
s’effrite
et je tousse
je shoote
toi qui
me venin
qui m’ardente
en mouvement en avant
en écharpe en devant
pierraille
sable
crabe
je m’écartèle en j’avancement
je recule
je m’enterre en ventelle
je me relève en bourrasque
je réitère
je tournoie aux cimes
du grain je dort
sable d’argent
eau qui ruisselle
eau
ma bave filandreuse
eau cille
et je dune de ride en dune la soif aux talons
les côtes en archer
et je tire les pans de ma rame j’arme le bras en pagaie
rive en appui
et j’efface
j’oblitère
je me terre à taire à terre à mousse
eaux
je bois
je te vois
j’irradie
je me relève
ivre
os
limon m’aime à la vague flotte
lion
je m’appuis
à l’age
ra
m
age
à l’envie
dos
o
rivage



Mais je ne m’étendrai pas au soleil,
Tu souffles un air des marées et je me sens mouette
Les graviers assèchent les rides de la chaleur
J’ai simplement envie de faire le contraire
Je te tire la langue quand tu me vois pas et je dodeline les rayures bigarrées de mon caleçon de bain, comme une autruche qui aurait fait coucou de ses plumes à l’astre rageur la tête à l’endroit de là où les vers se cramponnent aux racines et se gonflent de tubercules
L’arbre me fait une ombre douce toute en jaune au bord des verts
Mes testicules sourient d’aise enfin au repos
L’ombre les câline et elles siestent enfin apaisées
ombrées
Le soleil par endroit tente bien des percées mais le corps dans le transat
Souffle gris bleuté sur les rougeurs avides
les barrières d’air menacent
Petit à petit dans mon coin je grandit à vue d’œil et jute les fleurs d’acacia
araucariâtre épices en pulpe
accent brésilien au loin vers la troisième fenêtre
Elle se met à chanter et moi je romps la corde
A rive de goyave la terre rouge de mon sommeil s’effrite
Une eau vaste comme un pigment mouillé m’endort en boule
Bourru je me sens poindre je m’étire au piment de ma boursouflure
Ta contrebasse ouvre des fils de râles et je m’infiltre en cornet
Bigorneau au muscle les coques entrouvrent à l’air la douce marinade
Satin à l’air je somnole d’un sol ô pato je me réfrène au refrain
Mais ma clarinette s’est mise à bailler à tous les vents
les couleurs napolitaines sur tous les tons
Elle fait la belle et s’en va par les toits
S’agrippe aux tuiles
Descend les gouttières entre les clefs
Et rythme de biguine la tambouille la mélodie de tes anches
Un filet de dorade s’écrevisse entre les joues alléchées
je tremble à l’assaut de ton humeur morose
laurier vanille
Rouge
Et ta bouillabaise en jus de lime saoul poudré de cannelle
massale
Je me réétire et j’erre hors de ma chaise mal à l’aise dans mes rayures
Peau m’aimante golden beach je m’ensable
Vert sur l’or terraille mes cils acrobates roulent
Tes seins à la houle bam tam
Gammes teint ta marre
J’écarquille
Foulard aux yeux coquins ton paréo départ et moi m’empare
En duo d’aise à grandes brassées le sol craque




Février 2008 © Lambert Savigneux



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