POESIE EROTIQUE
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Loïse Margency
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Nathalie Marcenes, alias Loïse Margency, est née à Nantes en 1960. En 1975, avec son mentor, auteur en herbe et dessinateur, Patrice Manson, alias MãSõ - qui m'a généreusement permis de publier ici quelques sonnets de leur aventure - elle contribue et participe à la rédaction d'une revue de presse paralléle : L'Ecchymose T.

Devant le constat que "Les hommes parlaient de préférence de leurs amours, plus précisément du cul de leur amour et oubliaient en général d'y mêler un peu de sentiment. Les femmes parlaient de préférence de leurs amours, et plus précisément des sentiments divers et variés que ces amours leur inspiraient. Elles oubliaient en général de parler de leur cul à elles.", Nathalie et Patrice imaginent ainsi ce que produirait une femme écrivant avec les mots des hommes. Ainsi nait Loïse Margency dont Nathalie se fait bientôt la porte parole unique : "Nathalie a risqué pour se fondre en Loïse" (in Je suis nue à présent...), Patrice n'apportant que quelques corrections...

Cette "improbable chimère" débouche sur l'écriture, entre 1975 et 2004, de 100 sonnets qui formeront le recueil Rose, ma chère, lequel conte, en alexandrins et à la première personne, les exhibitions plus ou moins fantasmatiques et incestueuses d'une jeune fille, devenue femme au fil des années. Un recueil d'un érotisme parfois feutré et souvent provocateur, où un mal de vivre omniprésent se conjuge à un humour alerte et moqueur envers les hommes. L'exhibitionnisme et l'inceste, sujets omniprésent dans l'ensemble du recueil, sont également les thèmes des dialogues du théâtre de Loïse Margency.

*

J'écris pour le plaisir des sonnets à la menthe,
D'une langue poivrée où fleurent mes travers.
J'écris pour quelque enfant, aveugle mais pervers,
Louchant de tous ses doigts sur la nacre dormante.

J'écris pour ce puceau que la viande tourmente,
Amoureux d'une main, l'autre effeuillant mes vers.
J'écris pour un parmi nos vieux beaux les plus verts,
Qui prononce « maman » ces mots doux : « mon amante ».

J'écris pour l'insomniaque aux yeux poissés d'ennui
Que rive à son judas tel démon de minuit,
Guettant (sait-on jamais ?) l'heur d'un mien clair de lune.

À l'esthète j'écris comme à certain cochon,
Sans donner à choisir entre deux choses l'une :
Fantasmer sur mon sein, ou bander au nichon.


30 mai 1991

(in Rose, ma chère)

*

Depuis 2004, Nathalie et Loïse se sont séparées : "je ne veux plus être Loïse Margency, et le moyen de m'en guérir sera de n'être même plus Loïse tout court. Que l'on se rassure ! Changer de pseudonyme ne me changera pas, moi. Mes combats restent les mêmes, et mes armes n'ont pas changé." nous dit-elle dans son forum.

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Extraits du recueil
Rose, ma chère

(1975 - 2004)


Je danserai devant ce miroir...
De mi-lecteur à mi-voyeur...
Tu voudrais voir mon cul...
Ce lent déshabillage...

...Lorsque tu viens, la nuit...
D'où vient ce cache-sexe...
Loïse, après la douche...
Méchante Éléonore !
Il m'a foutue à poil...
Photo de moi...


Loïse Margency © MãSõ - 1982


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