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Fils
illégitime d'une liaison entre Marguerite Toucas et Louis
Andrieux (homme politique de 30 ans plus âgé que sa
mère), toute l’enfance d'Aragon se trouve marquée par le
mensonge et la dissimulation : en effet, pour sauver les apparences, sa
mère se fait passer pour sa sœur, sa grand-mère pour sa
mère adoptive, et son père pour un vague parrain...
Enfant précoce, il compose dès l'âge de six ans des
nouvelles inspirées de Zola, dans l'atmosphère
confinée d'une pension de famille où apparaissent de
belles étrangères, et maîtrise
dès la 6ème le programme littéraire
du bac !
Lors de la première guerre mondiale, il
échappe à plusieurs vagues de départ pour le front
et commence des études de médecine tout en
fréquentant assidûment les librairies où il
découvre Lautréamont, Apollinaire, Mallarmé,
Rimbaud…
Il est incorporé en 1917 et part pour le
front où il rencontre par hasard André Breton. Son
premier recueil poétique Feu
de Joie parait en 1920 et son premier roman Anicet ou le Panorama en 1921. Il
participe à la création du mouvement Dadaïste puis,
à partir de 1924, à la naissance du Surréalisme
qu'il sera le premier à théoriser avec l’essai Une vague de rêve. Dès
lors, sa dimension d'écrivain et de poète ne va cesser de
s'accroître. Inscrit au Parti Communiste dès 1927, comme
beaucoup de surréalistes, Aragon s'engage corps et âme
dans la lutte politique.
Il rencontre en 1928 une jeune écrivaine russe : Elsa
Triolet, avec laquelle il se marie en 1939 et dont il ne se
séparera plus. En 1933 il devient simple journaliste à L'Humanité et
secrétaire de rédaction de la revue Commune, éditée par
l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires.
Mobilisé en 1939, il s’engage dans la résistance contre
le nazisme, offrant aux maquisards La
Chanson du franc-tireur. En 1950, il est élu au
Comité central du Parti communiste français.
A partir de la Libération, il entame un grand cycle romanesque
qu'il appelle Le Monde réel
et aura également une abondante production poétique
largement inspirée par l'amour qu'il porte à son
épouse, avec notamment Les
Yeux d'Elsa (1942), et marquée par le surréalisme
et ses jeux de langage. "Nul n'aura
été plus habile détecteur de l'insolite sous
toutes
ses formes ; nul n'aura été porté à des
rêveries si grisantes (...)
Aragon était en ce sens étourdissant - y compris pour
lui-même" dira
André Breton.
Sa production poétique (et romanesque) ne va cesser de
s'amplifier jusqu’aux années 60, mais dans une forme plus
classique de poésie très inspirée par Apollinaire.
Il sera éditeur (collection Petite
sirène) de Neruda et Guillevic, et également
directeur du journal Les Lettres
françaises de 1953 à 1972, menant un combat de
plus en plus ouvert contre le stalinisme, suite aux
révélations de Khrouchtchev, et faisant connaître
des écrivains tels Alexandre Soljenitsyne ou Milan Kundera.
Après la mort d'Elsa en 1970, il poursuit ses activités
politiques auprès de l'union de la gauche et survit en changeant
radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses
relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même
écrivain et poète, qui lui fermera les yeux le jour de sa
mort, le 24 décembre 1982.
Ses
Œuvres poétiques
complètes ont été rassemblées en 2
volumes par Gallimard-La Pléiade en 2007. Dans le domaine
érotique, on peut signaler : Le
Libertinage (1924) , Le
Con d'Irène (1927 - sous le nom d'Albert de Routisie) et Les Aventures de Jean-Foutre La Bite
(1986).
En savoir plus :
Le site d'un passionné
(extraits - )
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