Plus que la coupe d'or
finement ciselée
Que le roi de Thulé jeta dans l'eau salée,
J'aime, ô naïve
Emma,
Cette coupe de chair
qu'orne une toison rousse,
Où le divin Erôs bien malgré toi sema
Des perles dans la mousse.
Tu la remplis pour moi d'amoureuse liqueur,
Dont le parfum grisant fait défaillir mon coeur,
Me pénètre
et
s'attache,
Comme un sachet lascif,
comme un philtre odorant,
Fixant ton souvenir aux polis de ma moustache
Tout un long jour durant.